Le réemploi des emballages, une consigne à suivre

par | 11 Sep 2024

Dès que l’intérêt environnemental se combine à l’intérêt économique, le réemploi est favorisé. Reste que la filière manque encore de maturité.

L’enjeu du réemploi est primordial dans une société dominée par une consommation de produits la plupart du temps conditionnés dans des emballages à usage unique. Il faut, pour parvenir à mettre en place un cercle vertueux, impliquer fortement le consommateur final et l’inclure dans la chaîne de valeur en prenant en compte son degré d’acceptation dans ce processus.

Déjà sensibilisé aux nécessités de trier ses déchets, il doit aussi orienter ses achats vers des produits intégrant le réemploi dans leur cycle de vie. Les organismes comme IPC et le Conseil national des emballages mettent en exergue l’importance des termes et la confusion qui peut en résulter. Réemploi, recyclage et réparation ne ciblent pas tout à fait les mêmes choses.

Ainsi, un emballage réemployé fait l’objet d’une deuxième utilisation pour un usage de même nature, selon une procédure organisée par ou pour le compte du producteur. À l’inverse du réemploi des emballages plastiques, encore très minoritaire, leur recyclage est déjà largement pratiqué, y compris dans l’alimentaire.

« 10 % des emballages devront être réemployés en 2027. »

Masse critique

« À ce jour, le réemploi n’est pas une réalité palpable par le consommateur en grande et moyenne surface, où celui-ci a besoin de l’identifier et de s’identifier au réemploi. Il va falloir donner du sens et être en capacité d’émerger face à l’usage unique. Le réemploi doit être associé à l’idée de plaisir et d’expérience attrayante, positive et facile », est-il indiqué dans le guide du Conseil national de l’emballage publié en mai 2024.

D’ici à 2030, l’UE imposera la collecte séparée d’au moins 90 % des bouteilles en plastique.

« Ce type de dispositif est aussi une façon de généraliser le geste de consigne auprès du consommateur. Sur du long terme, le réemploi en GMS [grandes et moyennes surfaces, NDLR] ne sera un succès que s’il y a passage à l’échelle, pour massifier les flux, créer des synergies entre acteurs de la chaîne de valeur, et ainsi créer une compétitivité économique face aux emballages à usage unique. »

La France s’est fixé pour objectif d’atteindre les 10 % des emballages réemployés pour 2027, emballages qui doivent être par ailleurs recyclables. Une part qui semble peu élevée au regard de l’urgence des enjeux environnementaux, mais qui nécessite de transformer en profondeur des habitudes de production et de consommation pour y parvenir.

Le projet de règlement européen relatif au réemploi et aux déchets d’emballages, dit PPWR, pour Packaging and Packaging Waste Regulation, s’imposera aux États dès 2026, sauf si les dispositions nationales sont plus contraignantes.

« Le réemploi doit être associé à l’idée d’expérience attrayante. »

Cas par cas

Ce projet prévoit le maintien des objectifs de recyclage avec des seuils à franchir entre 2025 et 2030, tout en intégrant de nouvelles règles. Il faudra notamment veiller à ce que tous les emballages soient recyclables, augmenter l’utilisation du plastique recyclé, mettre en place un étiquetage plus clair et organiser la collecte de certains emballages à usage unique.

Dès le 1er janvier 2030, les emballages en plastique auront l’obligation de présenter une certaine teneur minimale en matières recyclées, sauf pour les emballages en plastique compostables et ceux dont la part de composants plastiques représente moins de 5 % du poids total.

« Le metteur en marché d’emballages contenant des matières recyclées est toujours responsable de leur sécurité, mais en s’appuyant cette fois sur la traçabilité des matières plastiques recyclées qu’il s’est procurées auprès des recycleurs », souligne-t-on au centre technique industriel IPC.

Pour autant, le réemploi n’est pas forcément la meilleure solution pour préserver l’environnement par rapport aux emballages à usage unique, il est donc primordial de réaliser des études d’analyse du cycle de vie pour évaluer au cas par cas la réponse à apporter.

Le Conseil national de l’emballage indique, selon des données datant de 2022, que ces résultats sont dépendants de paramètres tels que le nombre de réemplois ; la forme de l’emballage ; la distance entre le lieu de distribution et le lieu de lavage des emballages réemployables ; l’efficacité et les paramètres du lavage pour les emballages réemployables ; le taux de recyclage et/ou taux d’incorporation de recyclés pour les emballages à usage unique.

La réduction de la consommation de ressources passe inévitablement par la mise en place de solutions personnalisées et multiples. Gare aux fausses bonnes idées, certes intellectuellement confortables, mais qui n’apportent pas toujours les résultats escomptés.

Objectifs européens

Le projet de règlement de l’Union européenne prévoit la réduction de la production de déchets d’emballages de 5 % d’ici à 2030 (par rapport à 2018), de 10 % d’ici à 2035 et de 15 % d’ici à 2040. L’idée est ainsi de promouvoir l’économie circulaire tout en assurant sa rentabilité. La part des substances les plus nocives sera progressivement supprimée.

Les PFAS ou “produits chimiques éternels” dans les emballages au contact des aliments seront interdits. Les consommateurs seront incités à favoriser le réemploi et la recharge dans leurs propres contenants. Ce règlement prévoit également de redéployer plus largement les dispositifs de consignes.

D’ici à 2029, les États membres devront garantir la collecte séparée d’au moins 90 % par an des bouteilles en plastique et des récipients en métal pour boissons à usage unique. Les États membres qui atteignent un taux de collecte séparée supérieur à 80 % en 2026 et soumettant un plan de mise en oeuvre assorti d’une stratégie pour atteindre l’objectif global de collecte séparée de 90 % pourront déroger à cette obligation.

Quid de l’usage détourné par les particuliers ?

Le consommateur réutilise des emballages à son propre compte comme les bouteilles en plastique pouvant être remplies plusieurs fois avant d’être jetées dans un bac de tri. Cette habitude peut se révéler dangereuse si le produit n’est pas réutilisé dans le cadre pour lequel il a été conçu. Un packaging est en effet étudié et qualifié pour un usage spécifique.

Par exemple, une boîte destinée à des aliments congelés ne doit pas servir à chauffer un repas dans un four micro-ondes, la chaleur pouvant libérer du plastique des substances nocives pour la santé. D’un point de vue réglementaire, les fabricants et les entreprises utilisatrices de ces conditionnements ne peuvent pas être tenus pour responsables si leur emballage répond à un usage défini.

Reste que l’information précise et les avertissements apportés aux consommateurs offrent des niveaux de garantie supplémentaires du point de vue D’ici à 2030, l’UE imposera la collecte séparée d’au moins 90 % des bouteilles en plastique. sanitaire.


Sandra Molloy


Cet article est issu de notre supplément EcoMeca, disponible gratuitement au format liseuse en ligne ici >>

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