Entreprise familiale dans le secteur du BTP, Léon Grosse se distingue par des niveaux de confiance et de formation élevés auprès de ses collaborateurs. Sa politique de rémunération concerne l’ensemble des salariés, tous actionnaires.
S’il est une entreprise qui a fait de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) son cheval de bataille depuis longtemps, c’est bien le groupe de BTP Léon Grosse, basé à Aix-les-Bains. Il est d’ailleurs certifié Great Place to Work (« entreprise où il fait bon travailler », standard international qui évalue l’expérience des collaborateurs) et se classe à la deuxième place du palmarès Best Workplaces France 2024 (catégorie 1 000 à 2 500 salariés), qui valorise les entreprises où il fait bon travailler.
« C’est d’autant plus gratifiant que nous évoluons dans un secteur et un environnement réputés difficiles », se félicite Laëtitia Bally (en photo), directrice des ressources humaines (DRH) de Léon Grosse, première entreprise du bâtiment à figurer dans ce classement.
Une culture entrepreneuriale

Créé il y a plus de 140 ans, Léon Grosse, dirigé par Lionel Christolomme, véhicule un fort ADN familial et une culture entrepreneuriale sur le long terme jamais démentie. « Nous avons toujours fait confiance à nos collaborateurs, tout en restant dans l’authenticité et l’humilité. Cette culture, nous la pérennisons et la renouvelons », explique la DRH. Un héritage transmis par son fondateur, Léon Grosse, pour qui il fallait « entreprendre pour laisser une empreinte qui suscite la fierté de tous »... devenue la raison d’être du groupe. Et le management va de pair. Une gouvernance construite sur un modèle responsable et responsabilisant basé sur la capacité à oser.
« Nous sommes exigeants, reconnaît Laëtitia Bally, mais tout aussi bienveillants et transparents, grâce à des relations propices aux échanges ».
Il ressort d’un audit que 82 % de l’effectif considère que le management est accessible et ouvert au dialogue. Un état d’esprit qui transparait également dans la RSE, en nette évolution depuis cinq ans, du fait de la transformation de l’entreprise, tant sur le plan environnemental qu’humain.
Si le groupe savoyard se distingue par ses nombreuses actions en matière de QVCT, les collaborateurs ont encore des attentes, comme le révèlent deux enquêtes. « Nous y travaillons avec l’objectif de présenter un plan d’actions locales et nationales », assure la DRH qui, depuis 2022, va chaque année à la rencontre des 50 agences et filiales du groupe en France et à l’international (il est présent dans huit pays, NDLR) pour échanger avec les équipes, faire le bilan de l’année écoulée et fixer les prochains enjeux.
« Durant la semaine de la QVCT, nous organisons des ateliers de sensibilisation, de gestion du stress… et de communication sont organisés. Avec en 2024, un live sur l’équilibre des temps de vie », détaille Laëtitia Bally, DRH de Léon Grosse.
Un plan de développement des compétences XXL
Dans le domaine des compétences tout d’abord, avec la mise en place d’un programme de formation, notamment via la relance de l’école Léon Grosse et la création de parcours métiers (réhabilitation en site occupé, façadier…) en lien avec la stratégie et les dernières acquisitions du groupe. S’y ajoute une plateforme digitale de formations – plus de 60 en ligne – pour permettre à chacun de s’autoformer à tout moment et de gagner en flexibilité.
Enfin, l’ETI accélère sa politique de gestion de carrière dans le but de mieux exploiter les entretiens annuels et professionnels. Des comités spécifiques composés de managers ont été constitués afin de répondre à la demande des salariés et les faire monter en compétence « pour qu’ils se sentent reconnus à leur juste valeur », conclut-elle.
Un actionnariat salarié élargi
Chez Léon Grosse (942 M€ de CA en 2023), le partage de la valeur fait sens. En 2022, il a réalisé sa première opération d’actionnariat salarié à travers un plan d’épargne (FCPE, Fonds commun de placement d’entreprise) « et que nous poursuivons pour la troisième année consécutive », pointe Laëtitia Bally. Un choix social afin de permettre aux 2 800 collaborateurs d’épargner, « sans condition de versement et avec un abondement unilatéral ».
Toutefois, pour y prétendre, le salarié doit avoir a minima trois mois d’ancienneté. En 2024, le montant s’élève à 125 €/salarié, contre 100 € précédemment. Pour ceux qui choisissent d’effectuer un versement, un système d’abondement est calculé par tranche. Le dispositif fait des émules : le taux de souscription atteint 68 % en 2024, dont 41 % de compagnons. Dans cette dynamique, un accord d’intéressement a été signé cette année, ainsi qu’un Pereco (plan d’épargne retraite d’entreprise collectif) avec des conditions sociales avantageuses. Du concret en faveur des salariés.
Patricia Rey








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