En référé, le tribunal administratif de Grenoble a donné raison aux défenseurs de la chapelle de Lètelé à Courchevel. En huit jours, la campagne lancée sur le site de financement participatif GoFundMe pour préserver l’édifice menacé par un projet immobilier a permis de collecter 3260 euros.

Le mariage d’Emile et André Baetz, en 1955
A Courchevel, le moindre m² constructible suscite de fortes convoitises. La petite chapelle du Lètélé pourrait bien faire les frais de l’appétit des constructeurs. Situé à l’entrée de Courchevel Village, sur un petit promontoire libre de toute construction, l’édifice appartient à des propriétaires privés et n’est pas consacré. Mais sa forme élancée et son toit pentu ainsi que le panorama à 360e degré qu’il offre sur les montagnes environnantes lui valent d’être devenu un élément architectural phare de la commune. « Utilisée dans de nombreuses publications, cartes postales, la chapelle symbolise le patrimoine et les traditions de montagne. Librement accessible au public, elle a accueilli de nombreux mariages et cérémonies », souligne l’Association de protection de la chapelle du Lètelé.
Préserver l’héritage

Le recours suspensif examiné le 28 mai 2018 par le tribunal administratif de Grenoble est le seul moyen de stopper actuellement les travaux.
L’association a été créée en 2017 pour protéger la chapelle face à un projet immobilier prévoyant un chalet de luxe de 299 mètres carrés. Edifié sur un terrain de 420 mètres carrés, ce bâtiment devrait s’élever sur 4 niveaux, à 4 mètres à l’arrière de la chapelle, avec un toit arrivant à la même hauteur et bouchant la vue. « Passant outre les recours, le promoteur a engagé les travaux et une course contre la montre a démarré »,soupirent les amoureux de la chapelle en se désolant que la commune n’aie pas usé de son droit de préemption et plaidant pour une sanctuarisation rapide de la zone afin « de préserver cet héritage caractéristique de la station ».
Une histoire liée à celle du tourisme
Dans les années 1930, Joseph Mugnier, alors maire de Courchevel signe les premières conventions pour le développement du tourisme à Courchevel. Pour prouver son désintérêt commercial, il cède un de ses terrains personnels pour la construction d’une petite chapelle permettant aux premiers habitants de la station de se recueillir. Construit grâce à des dons, l’édifice est béni 1939. A partir des années 2000, la commune l’éclaire mais son état se dégrade progressivement.
Une restauration financée par des particuliers

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