Décolletage : comment DBC sort renforcée de la crise

par | 4 Nov 2021

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L’entreprise de Scionzier a bien négocié la crise sanitaire… et sa sortie : elle est soutenue par le Fonds de modernisation de l’Etat et vient d’ouvrir son capital à un fonds de capital-développement, Yotta Capital Partners.

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Cet article est un complément à celui paru dans l’édition papier
d’Eco Savoie Mont Blanc daté du 5 novembre,
également accessible dans notre liseuse en ligne.

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Fondée en 1956, DBC (Décolletage bar cutting) est une entreprise de décolletage qui a su se muer en un sous-traitant plus global : co-conception, production, assemblage.

Forte de plus de 90 salariés hors intérim, elle n’a pas trop souffert de la crise : très peu de chômage partiel, pas de recours au Prêt garanti par l’Etat et un de ses projets a même été soutenu dans le cadre du Fonds de modernisation de l’Etat en faveur des filières automobile et aéronautique.

« Nous sommes très diversifiés dans nos marchés, explique Patrick Besnier, son dirigeant depuis 2006 (NDLR :lire son parcours atypique ci-dessous). Cela nous rend plus résistants face aux crises et aux fluctuations. »

Autre facteur de sécurité : la diversité géographique des clients. DBC réalise la moitié de ses ventes directes à l’export. Un chiffre qui ne comprend pas la part de ses produits vendue à des clients français qui, après assemblage avec d’autres composants, servent eux-mêmes des clients étrangers.

En outre, DBC a « su garder l’agilité de la TPE qu’elle était (NDLR : une dizaine de personnes au milieu des années 1990). Nous avons su nous redéployer rapidement », souligne le dirigeant. Une réussite qui ne doit pas au hasard : sous l’égide de son président, passé lui-même du statut de salarié à celui de patron, DBC soigne sa politique de ressources humaines.

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Une politique RH soignée

« Nos machines sont peu ou prou toutes les mêmes, on peut même les acheter sur eBay, explique Patrick Besnier. Ce qui fait la différence entre les entreprises, ce sont donc les personnes qui les font tourner : la richesse de DBC, c’est son capital humain. »

Malgré la concurrence dans la vallée de l’Arve et en Suisse voisine, l’entreprise de Scionzier affiche un très faible turn-over. Et si elle est « constamment en train de recruter », c’est pour faire face à son développement, pas à une fuite de ses éléments. « Nous sommes sans cesse mobilisés sur les conditions de travail, sur le management, sur la formation, les possibilités d’évolution interne… C’est sans doute ce qui fait notre réussite », analyse Patrick Besnier.

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Un parcours atypique

Question évolution de carrière au sein de l’entreprise, le patron sait de quoi il parle. Il est lui-même rentré chez DBC en… 1994. Il n’était alors qu’un jeune responsable qualité, chargé de piloter le chantier de la labellisation ISO 9001 : une rareté à l’époque dans une aussi petite structure (seulement 8 salariés).

La certification va permettre à l’entreprise de grandir. Et à Patrick Besnier aussi ! Le jeune homme va progressivement entrer au capital et endosser de nouvelles responsabilités, en commercial et en management. Au point de reprendre l’entreprise (100% du capital) en 2006, année des 50 ans de DBC.

Depuis, il n’a eu de cesse de la faire grandir et progresser. Et c’est bien dans une optique de consolidation, de structuration et de développement qu’il s’est ouvert à Yotta Capital Partners il y a quelques semaines (pour les détails de l’opération, lire Eco Savoie Mont Blanc du 5 novembre). Xavier Herrmann, associé fondateur du fonds, avouant au passage qu’il a «été impressionné par l’excellence opérationnelle construite au fil des ans par DBC, et plus récemment par l’agilité dont a fait preuve M. Besnier dans la gestion de la crise Covid, dont la société ressort encore plus forte. »

Un constat partagé par les associés d’Integrity Advisory, jeune banque d’affaires orientée industrie, qui a accompagné le dirigeant haut-savoyard dans l’opération (recherche du partenaires et négociations). « La capacité d’adaptation et la résilience exceptionnelle de DBC ont été les facteurs clefs de la réussite de cette opération, estiment Maxime Larrat et Valentin Freundenreich. Nous retenons également la vision de son dirigeant Patrick Besnier, qui pérennise sa société en intégrant au capital un investisseur de premier rang à même de renforcer les fondations et le rayonnement de DBC. »

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