En raison d’une augmentation considérable des départs à la retraite, le produit intérieur brut par habitant de la confédération pourrait perdre environ 0,5 point par an au cours des dix prochaines années.

Le vieillissement de la population en Suisse pourrait avoir un impact considérable sur la croissance économique du pays, selon une nouvelle étude du secrétariat d’État à l’Économie (Seco). D’ici à 2045, le nombre de personnes qui ont passé l’âge de la retraite devrait augmenter d’environ un million. Ce phénomène est lié à la faible natalité de ces dernie res décennies, mais aussi au fait que les baby-boomers nés en Suisse entre 1950 et 1970 atteignent l’âge de la retraite. Une situation exacerbée par l’allongement continu de l’espérance de vie.

« Il en résultera une baisse de la part des actifs au sein de la population, ce qui devrait affaiblir la dynamique de croissance du PIB par habitant d’environ 0,5 point de pourcentage par an dans les dix prochaines années », notent les auteurs de l’étude. La productivité du travail devrait également avoir tendance à s’affaiblir, ce qui se traduira d’ici 2065 par un recul du PIB par habitant d’environ 11 % par rapport à une évolution sans vieillissement.

Par ailleurs, la hausse projetée des dépenses de prévoyance vieillesse et l’augmentation des coûts de la santé ne manqueront pas de peser sur les finances publiques. Et même si l’immigration devrait continuer de faire progresser le nombre de personnes actives, la croissance de la population active demeure inférieure a  celle de la population totale.

Travailler plus, plus longtemps

Selon le Seco, l’une des seules manières d’éviter cette baisse annoncée de la croissance économique est d’accroître la productivité du travail… c’est-à-dire de travailler davantage. L’institution préconise aussi une participation accrue au marché du travail après l’âge légal de la retraite, avec un relèvement de deux ans de l’âge de départ.

Enfin, l’étude considère qu’il est nécessaire de stimuler l’économie du pays en renforçant la concurrence, en réduisant les obstacles à l’accès au marché, ainsi qu’en réduisant la charge administrative, en pratiquant une politique d’ouverture économique. « Dans cette perspective, les conditions-cadres économiques ont une importance déterminante, estime le Seco. En comparaison internationale, la Suisse se porte bien. L’excellente qualité des infrastructures, une charge fiscale modérée et une formation de qualité font partie des atouts constants de son économie. »


Par Romain Fournier


Cet article est paru dans votre magazine ECO de l’Ain du 12 décembre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.