Après les gilets jaunes, les gilets roses. Oui, vous avez bien lu. Décidément, la mode connaît de drôles d’évolutions…

Myriam DenisSurfant sur la contestation sociale d’ampleur de l’année dernière, c’est au tour des assistants maternels de monter au créneau et de se mettre en grève, ce mardi 19 octobre. De manière certes plus confidentielle.

Autant certaines revendications des gilets jaunes pouvaient sembler légitimes, même au sein d’un mouvement non organisé et donc, difficile à appréhender, autant cette grève-là se teinte d’une disproportion effrayante.

« LA PUBLICATION EN LIGNE DES DISPONIBILITÉS DES ASSISTANTS MATERNELS ME CHOQUE BIEN MOINS QUE L’ABSENCE CRIANTE SUR LE TERRITOIRE DE MODES D’ACCUEIL ORGANISÉS. »

En cause ? Les assistants maternels (“nounous” dans le langage courant) protestent contre une réforme qui les oblige à se référencer sur le site de la Caisse d’allocations familiales. Ainsi, 318 000 professionnels sont appelés à cesser le travail (et donc, à impacter les familles qui font garder leurs bambins pour gagner leur pain quotidien), en réaction à ce qu’ils qualifient comme étant du “flicage”. L’article 49 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale au goût amer, voit dans ce référencement obligatoire, une manière de fluidifier et d’améliorer l’accès aux places disponibles pour les familles. Revers de la médaille : toutes les coordonnées de ces professionnels seront indiquées sur le site. Ainsi que leurs disponibilités et leurs tarifs, ce qui fait craindre démarchage abusif et… concurrence accrue. Voire, surveillance de la part de Pôle emploi, pour celles et ceux qui connaîtraient des périodes d’activité amoindrie. Les assistants maternels redoutent de devoir faire preuve de davantage de réactivité face à de nouvelles demandes de familles… Et garder des petits qu’elles et ils ne connaissent pas. C’est là que le bât blesse. Tout n’est pas rose ! La protection des données personnelles est évidemment un véritable sujet, mais publier ses créneaux “libres”, semble tout bonnement entrer dans une logique économique somme toute assez classique.

Actuellement, et même si la France n’est pas forcément la mieux placée en termes de taux de natalité, la problématique des modes d’accueil colle aux familles comme un chewing-gum à une chaussure et elle est bien souvent garante d’une vie professionnelle harmonieuse. C’est pour cela que la publication en ligne des disponibilités de ces professionnels me choque bien moins que l’absence criante sur le territoire de modes d’accueil organisés, notamment pour les familles aux horaires atypiques. Et à mon sens, tout ce qui peut favoriser l’emploi (et celui des femmes, en particulier) doit être (re) gardé.

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

L'acceptabilité de certains emplois selon Faro