Responsable RH et RSE chez Legrand Suisse et cofondatrice du chapitre suisse de Women in Tech, Émilie Brandt mène depuis Bâle un combat méthodique, et résolument inclusif, pour que les femmes aient enfin le vrai choix. Rencontre.
Une table de café, un petit groupe mobilisé dont Émilie Brandt et la présidente actuelle Safia Agueni, beaucoup d’énergie et une envie de faire évoluer la société… C’est ainsi que naît, en 2020, le chapitre suisse de Women in Tech, un réseau international dont l’ambition est de toucher cinq millions de femmes et de filles d’ici 2030 pour les orienter vers les filières scientifiques, techniques et mathématiques.
« Si j’avais eu ce soutien plus tôt, j’aurais peut-être fait d’autres choix dans ma vie. C’est pour ça que je continue », résume Émilie Brandt, dont l’engagement pour la cause des femmes n’est plus circonscrit à Women in Tech, mais se décline à travers sa vie professionnelle et dans d’autres actions structurantes.
Fort d’un réseau forgé à la Chambre de commerce franco-suisse, le chapitre suisse dépasse en quelques années les 10 000 abonnés sur LinkedIn et noue des partenariats avec des écoles et des entreprises. « En rencontrant ces femmes qui s’unissaient pour donner envie aux autres d’embrasser les carrières techniques, j’ai compris qu’il y avait un vrai manque, estime Émilie Brandt. Les femmes avaient besoin de se rencontrer, d’être comprises, de ne pas être seules. »
Agir de l’intérieur
Ce constat, elle le porte dans son propre parcours. Française diplômée de l’EM Strasbourg, elle passe neuf ans aux Chemins de fer fédéraux suisses dans la division cargo, totalisant seulement 4 % de femmes. Quand elle reprend à 80 % après sa première maternité, les remarques fusent. « Il y a eu un jugement très fort, auquel je ne m’attendais pas du tout. »
Convaincue qu’il faut agir de l’intérieur, elle rejoint Legrand il y a deux ans en tant que responsable des ressources humaines et RSE, où elle dispose de leviers mesurables : indicateurs précis dont les objectifs sont liés à la diversité. « Sans ça, c’est du nice-to-have », analyse-telle. Son principe étant de préparer le terrain avant de recruter.
« Si l’environnement n’est pas inclusif, les femmes ne resteront pas. » Et son conseil inlassable, qu’elle prodigue à toutes : ne pas attendre que la valeur soit reconnue, il faut la verbaliser, la monétiser. « La méritocratie, ça n’existe pas. Les femmes et la société tout entière ont besoin d’exemples et d’inspiration, affirme-t-elle. On ne peut pas être ce qu’on ne voit pas. »
Sandra Molloy
© Nicolas M Photographe
Cet article est issu de notre magazine L’Extension Été 2026, disponible gratuitement au format liseuse en ligne >









0 commentaires