Le Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie (Asters) a tenu récemment son assemblée générale dans ses nouveaux locaux au Manoir de Novel. L’occasion de faire le point sur une année charnière.
L’année 2023 restera dans les annales d’Asters, le Conservatoire des espaces naturels de Haute- Savoie. Au mois de juin de l’an dernier, l’association a en effet emménagé dans ses nouveaux locaux, au Manoir de Novel (Annecy). Elle occupe désormais quelque 1 000 m2, soit les quatre cinquièmes du bâtiment qui a été entièrement rénové, pour un coût de 3,4 M€, avec l’aide du Département, de la Ville, de l’État, de Grand Annecy et de fonds privés.
22 000 hectares à gérer
Les 49 équivalents temps plein de l’organisme y trouvent des locaux adaptés à leurs trois missions principales : la préservation et la gestion du patrimoine naturel des réserves naturelles du département, l’appui aux collectivités (conseils et accompagnement des politiques territoriales), et les suivis scientifiques et techniques.
Asters gère, pour le compte de l’État, les 22 000 hectares de neuf réserves : celles des Aiguilles Rouges, de Carlaveyron, du delta de la Dranse, de Passy, du Roc de Chère, du Vallon de Bérard, du Bout du lac d’Annecy, des Contamines-Montjoie, et de Sixt-Passy. Un des défis actuels consiste à instaurer une gestion durable du flux des visiteurs.
« Le week-end dernier, par exemple, souligne Christian Schwoehrer, directeur, nous avons compté plus de 65 campeurs sur les lieux de bivouac de la réserve des Contamines-Montjoie. Cela génère des problèmes de commodités, de déchets et a forcément un impact sur les lacs… »
Canaliser, informer, aider les collectivités à faire face à cet afflux doublé des effets du changement climatique sont quelques-unes des missions de l’organisation, dont l’agrément par l’État et la Région en tant que “conservatoire d’espaces naturels” a été renouvelé en 2023 pour dix ans, avec son plan d’action quinquennal 2023-2027.
Expert reconnu au-delà du département dans la gestion des espaces naturels, Asters a également accompagné une cinquantaine de collectivités dans la définition et la mise en oeuvre de leur politique publique.
Expert scientifique
Le conservatoire, c’est aussi une équipe de scientifiques qui réalisent des inventaires et des études. La mission s’inscrit autour de trois axes : la connaissance et l’évaluation patrimoniale des sites et des espèces ; la connaissance, la gestion et la préservation d’espèces remarquables, à travers l’animation de plans d’action nationaux ou régionaux ; la recherche scientifique sur des sites ateliers des réserves naturelles haut-savoyardes.
Pas moins de 1 724 espèces (faune et flore) ont ainsi été inventoriées ou suivies en 2023, ainsi que 103 espèces patrimoniales. Par ailleurs, 182 nouvelles espèces ont été localisées. Au total, 17 596 données ont été transmises à l’Office français de la biodiversité (OFB).
Après avoir, au début de cette année, réaffirmé sa raison d’être, ses valeurs et ses objectifs au sein de son projet associatif, Asters se prépare désormais à fêter les 50 ans des réserves du Bout du lac d’Annecy et des Aiguilles Rouges. La première voit passer chaque année plus de 100 000 visiteurs. La seconde est, depuis sa création, un site d’expertises scientifiques sur la faune et la flore.
Budget en hausse
En 2023, Asters disposait d’un budget de 4,2 M€ composé pour 76 % de subventions (dont 1,7 M€ de l’État, 358 600 € des communes et intercommunalités, 150 000 € de la Région, 145 454 € de l’OFB, 62 495 € du Département). Pour 2024, le budget a été arrêté à 4,4 M€.
Sylvie Bollard
Photo à la une : un suivi scientifique a été mis en oeuvre par Asters sur le glacier du Ruan, dans la réserve de Sixt-Passy.








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