INES : la Savoie a bâti sa Solar valley

INES : la Savoie a bâti sa Solar valley

La création de l’Institut National de l’Énergie Solaire à Savoie Technolac a permis à la Savoie de devenir un acteur de poids mondial de la recherche et de nourrir tout un écosystème local et régional.

« Des bungalows dans un champ de maïs ». C’est ainsi que Jean Therme, l’un des principaux acteurs du démarrage de l’Ines et directeur du CEA (commissariat à l’énergie atomique) Grenoble plaisantait au démarrage de l’institut en 2005. Effectivement, la première quarantaine de chercheurs du CEA se sont installés dans des bâtiments modulaires préfabriqués. « Dans nos rêves les plus fous, nous imaginions alors un institut avec 80 chercheurs » se souvient avec amusement Philippe Malbranche, actuel directeur général. Et aujourd’hui, l’Ines s’étale sur 22 000m2 sur le technopôle de Savoie Technolac avec ses bureaux, ses laboratoires de recherche, et ses démonstrateurs. Près de 500 personnes y travaillent dont 450 chercheurs et techniciens.

200 partenaires industriels

Une montée en puissance dont les Savoyards ne sont pas toujours conscients. Pourtant, l’institut savoyard est devenu un pôle de référence mondial en la matière. (le Liten dont il est l’un des deux sites, le second étant le CEA-Grenoble, est le 3e mondial derrière deux instituts allemand et américain). « Çà ne se voit pas forcément, reconnaît Philippe Malbranche, parce que nous n’avons pas attiré en Savoie de grosse usine avec des centaines d’emplois à la clé ». Et pourtant, l’Ines a des partenariats avec près de 200 industriels, dont la moitié en Rhône-Alpes, et une partie très importante en Isère, en Savoie et aussi en Haute-Savoie.

« Nous faisons de la recherche appliquée et du transfert de technologie commente Philippe Malbranche. Notre objectif c’est de travailler au développement de matériaux et de procédés plus rapides, plus économiques et plus performants en matière d’énergie solaire ». De ces recherches sont nées des start ups axées entièrement sur le solaire comme Steadysun créée en 2013. Mais de nombreux partenaires de l’Ines sont des entreprises de secteurs différents et pour lesquelles le solaire représente une diversification.

C’est le cas du Haut- Savoyard Thermocompact, spécialiste des fils spéciaux de haute technicité, pour lequel le partenariat avec l’Ines a permis de mettre au point des fils pour la découpe des lingots en silicium. Un procédé s’intégrant dans un cadre plus large avec d’autres partenaires, dont ECM Greentech et BEA, pour développer une filière industrielle des lingots de silicium pour la fabrication de modules photovoltaïques.

« Nous avons aussi travaillé avec les entreprises métallurgiques historiques comme Ferropem sur le silicium se félicite Jean-Pierre Vial, sénateur de la Savoie et l’un des “pères” de l’Ines. Aujourd’hui on espère aboutir avec Carbone Savoie sur un projet de diversification de production des graphites en direction des batteries ».

Irriguer le territoire

Et plus largement l’Ines nourrit un écosystème comme l’incubateur qui permet de lancer des start-up. « Et sans l’Ines je ne suis pas sûr poursuit Jean-Pierre Vial que le centre de formation automobile Technopolis de la Motte-Servolex aurait misé sur les véhicules électriques ». L’un des piliers de l’écosystème local est l’Université Savoie Mont Blanc qui a installé deux de ses laboratoires, le Locie et le Lepti, au sein de l’Ines.

Elle a aussi développé avec l’Ines un master 2 spécialisé. Tout comme les Arts et métiers qui ont un établissement, l’Ensam, sur Savoie Technolac. Deux masters qui font partie des 60 formations diplômantes dispensées à l’Ines. Et pour compléter l’activité, l’institut a également une mission d’évaluation d’installations solaires ainsi que d’accompagnement de projets par le biais d’audits et d’expertise. Une panoplie complète à l’actif de ce centre de référence. « C’est un vrai succès qui s’inscrit dans le temps conclut Jean-Pierre Vial et dont l’un des enjeux est de continuer à irriguer le territoire. »


Par Sophie Guillaud

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