Le Comité International Olympique a confirmé la désignation des Alpes françaises pour l’accueil de Jeux d’hiver 2030. Sur la base d’un dossier prévoyant moins de 2 milliards d’euros d’investissement.
Le Comité international olympique (CIO) a annoncé mercredi 24 juillet l’attribution des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) d’hiver 2030 aux Alpes françaises. Sous réserve que l’État apporte bien sa garantie financière avant le 31 décembre de cette année. Cette attribution officielle était attendue : les Alpes françaises avaient, seules, été retenues par le CIO, en novembre dernier, pour un « dialogue ciblé ».
Elle permet de lever un peu le voile sur le budget prévisionnel de ces JO 2030, même si, pour l’heure, aucune délibération financière n’a été adoptée, ni en Aura ni en Paca. Ainsi, les investissements devraient approcher 1,9 milliard d’euros (Md€). Auxquels il faut ajouter le budget de fonctionnement réévalué, avec l’inflation, à un peu moins de 2 milliards (1,97 Md€). Soit un budget cumulé de 3,9 Md€.
Villages olympiques
L’attribution est aussi l’occasion d’un tour d’horizon des grandes infrastructures nécessaires. Tout d’abord, les villages olympiques : il y en aura trois en Savoie Mont Blanc (Le Chinaillon au Grand-Bornand, La Plagne et Bozel) et deux en Paca (Briançon et Nice). « Certains existent déjà, à l’exemple du Club Med à La Plagne dont la rénovation sera financée par l’opérateur », détaille le Savoyard Fabrice Pannekoucke, vice-président de la Région Aura.
« Au Chinaillon, MMV s’est engagé à ériger une résidence de tourisme (9 bâtiments, 700 lits) qui ouvrira en 2026 et abritera les athlètes. Seule Bozel construira, pour l’événement, un complexe intégrant hôtel et résidence de tourisme (700 lits aussi) sur un terrain de 9 000 m² appartenant à la commune : ils seront ensuite reconvertis pour partie en logements, notamment pour les saisonniers », poursuit l’élu, en indiquant que les investissements en rapport « doivent encore être affinés dans les prochaines semaines ».
Infrastructures sportives et mobilité
Côté équipements sportifs, 96 % sont déjà existants et fonctionnent, selon le vice-président : c’est notamment l’héritage des JO d’Albertville 1992. Mais beaucoup ont besoin d’une modernisation. À commencer par les tremplins de saut à ski de Courchevel : rallongement de 8 m de la piste d’atterrissage du grand tremplin (mise aux normes), réhabilitation de la tour des juges, modernisation des tribunes avec création de vestiaires et cabines de fartage. Pour un coût qui pourrait avoisiner les 20 M€.
C’est aussi le cas de la piste de bobsleigh à La Plagne, « dont les bâtiments (départ, intermédiaire et arrivée) devront être réhabilités dans une logique d’économie d’énergie. Les dos des virages (crépi coque) vont aussi être rénovés et les bâches de protection remplacées par des matériaux plus performants », indique Bruno Thomas, le patron de la piste. Idem pour le système de turbinage de l’eau à optimiser pour fournir de l’électricité. Les derniers travaux sur cette piste, réalisés en 2007, s’étaient élevés à 6 M€.

« Mais si ces deux infrastructures n’existaient pas déjà, il faudrait injecter respectivement 100 M€ et 150 M€ », assure Fabrice Pannekoucke. En Haute-Savoie, au Grand-Bornand (épreuves de biathlon), 50 M€ vont être investis dans les infrastructures en vue des Mondiaux de 2028 et profiteront donc aux JO de 2030.
Selon le vice-président, « ces dépenses ne sont pas inutiles. Nous ne faisons qu’accélérer les investissements pour les trente prochaines années. »
Les financements, eux, seront assurés par le CIO, les partenaires, la billetterie et les collectivités. Enfin, les deux présidents de Région, Laurent Wauquiez (Aura) et Renaud Muselier (Paca), veulent des Jeux « sobres et responsables ». À ce titre, la mobilité sera un des grands enjeux. Outre le développement des liaisons ferroviaires, deux ascenseurs valléens devraient voir le jour pour relier Bozel à Courchevel et Aime à La Plagne.
Patricia Rey








0 commentaires
Trackbacks/Pingbacks