Protéines végétales : La Belle Bleue prend la vie côté paillettes

par | 5 Mai 2022

Le producteur de spiruline La Belle Bleue recentre ses ventes et projette la mise en place d’une deuxième serre.

La Belle Bleue, c’est une aventure agricole aindinoise débutée en février 2017. Hébergée par les Jardins Bio des Pays de l’Ain (Association Tremplin – Ensemble agissons contre l’exclusion), à Villars-les-Dombes, territoire d’aquaculture, elle produit une spiruline artisanale, sans OGM et sans produit phytosanitaire, sous la marque commerciale Spirul’Ain. À la belle saison, d’avril à octobre et à raison de deux à trois récoltes par semaine, le spirulinier Franc Stoppa ne connaît pas de repos.

Cultivée sous serre, dans 250 m² de bassins équipés de roues à aubes, la spiruline est une cynobactérie tropicale (arthrospira platensis), mais surtout, un concentré de bienfaits. Elle fait le bonheur des sportifs, mais elle est également consommée par les personnes fatiguées et anémiées. Les végétariens, quant à eux, l’apprécient car elle est très riche en fer. « Avant, on l’appelait algue bleue parce que c’est dans l’eau, c’est vert et c’est un peu visqueux. En fait, lorsque l’on regarde au microscope, c’est plein de petits organismes en forme de ressort. Et dans les cellules de ces organismes, il n’y a pas de noyau. Cela s’appelle des procaryotes », précise Franc Stoppa.

Géographiquement, si les bactéries viennent du Tchad, elles sont issues d’une souche africaine, récupérée par un collègue de Franc Stoppa. Elle a été acclimatée en Provence avant de faire escale en Savoie pour se retrouver dans la Drôme. C’est là que Franc Stoppa est allé récupérer 30 litres de concentrés de spiruline pour ensemencer l’un de ses bassins d’un volume de 13 mètres cubes.

Dans son milieu de vie reconstitué (eau et sels minéraux), la spiruline n’a plus qu’à se développer. Si les bassins doivent être en agitation, la spiruline a également besoin de chaleur, aux alentours de 35 degrés.

Agriculture durable

Biologiste de formation, c’est en 2015 que ce dernier a décidé de se lancer dans un projet agricole. Avant cela, il a excellé dans les domaines du commerce, de la logistique et de l’informatique. « Mes enfants ont grandi et j’avais envie d’avoir un projet à moi. Plus jeune, je ne consommais pas de viande et la spiruline m’avait bien servi. J’ai eu envie de produire un aliment et quelque chose qui me ramène vers ce que je savais faire lorsque j’étais plus jeune », raconte Franc Stoppa, membre de la Fédération des spiruliniers de France.

C’est ainsi qu’il a découvert la production de spiruline paysanne “à la française”. Dans sa démarche il a été accompagné par l’Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural (Addear) qui lui a permis de trouver la structure d’accueil pour son projet.

En 2021, Franc Stoppa a récolté 120 kg de spiruline sous forme de paillettes. Seul dans son entreprise, il a commencé à produire en 2018, un an après son installation. C’est aussi à ce moment-là qu’il a commencé à être présent sur une dizaine de marchés et à participer à l’événement “L’Ain de ferme en ferme”. Ce qui lui a permis de se faire connaître et communiquer sur le produit.

Pendant la crise sanitaire, le spirulinier a mis à jour sa e-boutique afin de favoriser la vente. « J’ai pu commercialiser un temps sur les marchés avant que mon activité ne soit qualifiée de non essentielle. Je pouvais produire mais je ne pouvais pas commercialiser », se souvient Franc Stoppa pour qui les affaires reprennent, à présent.

Pour 2022, afin d’assurer le très court terme, il a fait le choix de recentrer sa commercialisation sur les ventes à la ferme et en Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). Il fera quelques marchés ponctuels et participera à quelques événements. Et, idéalement, il aimerait mettre en place sa deuxième serre afin de doubler sa surface de production.


Carole Muet

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