La Solaire du Lac (74) et les Centrales Villageoises (73) font rayonner le photovoltaïque

La Solaire du Lac (74) et les Centrales Villageoises (73) font rayonner le photovoltaïque

Moins de six mois après sa création, la Solaire du Lac a réalisé sa première installation sur le toit du CAUE à Annecy. La société coopérative a obtenu de la ville la mise à disposition de trois autres toitures qui pourront être équipées en 2020. En Savoie, le réseau des Centrales Villageoises, lancé régionalement en 2010, étend peu à peu son rayon d’action.

Installée dans les locaux de la société coopérative et participative (Scop) Alpine Aluminium à Cran-Gevrier, La Solaire du Lac est portée par un collectif citoyen qui souhaite contribuer à la transition énergétique en développant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. « Tout est parti du club Les Cigales du Lac – une structure de capital-risque solidaire de proximité – dont nous étions membres et qui recherchait des projets dans lesquels investir une partie des fonds disponibles », raconte François Dufournet, son président.

Ses premiers membres se sont appuyés sur le cadastre solaire réalisé par la ville d’Annecy pour rechercher, en 2017 et 2018, des toits susceptibles d’accueillir des panneaux photovoltaïques. En mars 2018, ils se sont fédérés au sein d’une association de préfiguration à la société d’intérêt collectif (Scic) officiellement créée en janvier 2019.

Ce statut leur a permis d’obtenir le soutien financier de deux fondations (celle du groupe haut-savoyard Alpes Contrôles et de la Fondation de France) pour un montant de l’ordre de 5 000 euros chacune. « Au-delà de l’autonomie financière qu’elle nous a donnée, la démarche nous a aidés à bien nous structurer », poursuit François Dufournet.

Un premier programme déjà réalisé

Membre du réseau Énergie Partagée et de l’Union régionale des sociétés coopératives (URScop) Auverge-Rhône-Alpes, La Solaire du Lac a bouclé son premier projet en quelques mois seulement. La première opportunité qui s’est concrétisée est celle du toit du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), à Annecy, déjà équipé d’une installation photovoltaïque. L’équipement était défectueux mais bien exposé et bénéficiait d’un tarif de rachat de l’énergie extrêmement avantageux. L’accord conclu entre La Solaire du Lac et le CAUE a permis de démanteler l’existant pour installer de nouveaux panneaux.

La Scic finance l’investissement (28 000 euros) via ses membres, le club des Cigales et un prêt bancaire de 16 000 euros. Elle exploitera pour son propre compte l’installation pendant dix ans puis, à échéance du contrat de rachat avec EDF, la restituera au CAUE qui auto-consommera l’énergie produite. Le chantier s’est déroulé sur trois semaines et a été confié à deux entreprises locales (Énergies Eco Solutions et Cap’Ten).

Les 60 mètres carrés de toitures équipés permettront une production de 12 kilowatts- crête (kWc) qui fera l’objet d’un suivi et d’un affichage permanents. La collaboration nouée avec le CAUE devrait également déboucher sur l’organisation de visites et de conférences conjointes.

Trois autres dossiers à l’étude

En février 2019, le conseil municipal d’Annecy a décidé à l’unanimité de mettre à la disposition de La Solaire du Lac, seule candidate, trois autres toitures. Basée sur une autorisation d’occupation temporaire (AOT), l’opération coïncide avec des projets de rénovation des toits concernés. Deux installations de 36 kWc représentant 200 mètres carrés de capteurs sont prévues pour les écoles de la Plaine et le centre culturel de la Turbine. Une troisième, plus puissante (100 kWc et 600 mètres carrés de capteurs), équiperait l’école de Novel.

Pour l’étude de ces trois aménagements, la Scic est passée par le bureau d’études Cythelia Energy (Montagnole en Savoie). Les travaux, prévus pour 2020, représentent un investissement de 220 000 euros. Leur financement sera assuré par de l’épargne citoyenne (l’objectif est d’atteindre les 30 %) et des prêts bancaires.

« Nous voulons que nos projets se financent sans subventions, mais nous ne nous interdisons pas d’aller chercher des aides », insiste François Dufournet. La Solaire du Lac travaille en parallèle sur d’autres sujets, comme la sobriété et l’efficacité énergétique, ou encore sur des actions d’animation, d’information et de pédagogie à mener dans les établissements équipés.

Nicolas Mari, trésorier de La Solaire du Lac, François Dufournet, président, et Bertrand Fivel-Demoret, vice-président.

Les centrales villageoises se font une place au soleil

Nées en 2010 en lien avec les parcs naturels régionaux, les centrales villageoises portent des projets citoyens de production d’énergies renouvelables. Leur philosophie est de contribuer à la transition énergétique en générant des retombées économiques pour le territoire, tout en respectant paysages et bâti.

« Le réseau s’est structuré en association depuis mars 2018 afin, entre autres, de faire face à l’essaimage du modèle dans d’autres régions. Cette évolution permet aussi d’aller plus loin dans la mutualisation et de poursuivre les expérimentations », explique Olivier Marin, administrateur de l’association et membre du Solaret. Lancée en juin 2017, cette centrale villageoise est opérationnelle depuis l’automne 2018 sur le territoire de Coeur de Savoie.

Elle comprend une douzaine de toitures représentant une puissance totale de 140 kilowatts-crête (kWc). Facilitée par l’existence d’un cadastre solaire et pilotée par un collectif bénévole, l’opération représente un investissement de 345 000 euros, financé avec l’aide d’une centaine d’actionnaires (citoyens, collectivités, entreprises). « Nous sommes à la recherche de nouvelles toitures de 200 mètres carrés afin de réaliser une deuxième tranche », annonce Olivier Marin.

Perle s’étend

La centrale villageoise Perle, née sur le plateau de la Leysse au-dessus de Chambéry, étend, elle, son rayon d’action aux Bauges et à l’Albanais. Après la réalisation de deux tranches représentant une dizaine de toits (environ 100 kWc), elle en lance une troisième qui doublera sa capacité installée. « Ce programme se compose de 3 ou 4 toits à 9 kWc et 2 grands de 36 kWc à Héry-sur- Alby et Alby-sur-Chéran.

Les réseaux électriques de ces deux communes sont suffisants pour absorber la production attendue », explique Jérôme Caviglia, son président. Perle, qui a ouvert son capital aux collectivités, finance l’investissement de 160 000 euros avec une aide de 49 000 euros de la Région. Confiés à l’entreprise Rosaz Énergies (Saint- Pierre-d’Albigny), les travaux devraient être engagés à l’automne 2020 pour une mise en service avant la fin de l’année.

Les centrales villageoises se positionnent aussi sur la valorisation des certificats d’économie d’énergie et la réduction des consommations à travers, entre autres, les défis des familles à énergie positive.


À lire également :


Par Sophie Boutrelle


Cet article est paru dans votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 24 mais 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

Poster une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.