L’énergie au centre des préoccupations

par | 30 Sep 2022

La flambée du coût de l’énergie est devenue un sujet brûlant pour les entreprises et les collectivités à qui l’État demande de consommer moins.

Fin août, le prix de gros de l’électricité battait un record en France en atteignant 1 000 euros le mégawattheure (MWh), alors qu’il était à environ 85 euros un an auparavant. Soit une augmentation de quelque 1 000 %. Même si, depuis, il est redescendu à environ 400 euros, la hausse demeure conséquente.

La « fin de l’abondance » annoncée par Emmanuel Macron prendra d’abord la forme d’économies d’énergies pour tout le monde. Et en priorité pour les entreprises et collectivités appelées à réduire leur consommation de 10 % dès cet hiver. Si ces 10 % n’étaient pas atteints, des mesures de rationnement pourraient être appliquées. Chacun s’active donc pour trouver des solutions et les mettre en pratique.

« Un degré de moins c’est 7 % de consommation d’énergie en moins »

Source : Ademe

Plan de sobriété

L’État a d’ores et déjà donné des pistes aux différents secteurs de l’économie via son plan de sobriété annoncé le 23 juin par Élisabeth Borne, Première ministre, et Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. Un plan dont l’objectif est de réduire la consommation énergétique de la France de 10 % d’ici 2024 et de 40 % d’ici 2050. Pour ce faire, quatre grands principes sont avancés : « consommer moins, consommer autrement, accélérer le développement des énergies renouvelables et relancer la filière nucléaire française ».

Comment procéder pour réduire sa facture de gaz et d’électricité ? Les six groupes de travail interministériels ont déjà listé quelques mesures dont certaines sont simples et évidentes : baisser la température des bureaux à 19°C la journée et à 16°C en dehors des heures de travail ; s’équiper d’ampoules Led ; installer des détecteurs de présence dans les lieux publics comme les toilettes ; réduire la consommation des appareils informatiques en paramétrant des veilles, en les éteignant complètement la nuit, en optimisant le fonctionnement des serveurs. Ou encore, faire la chasse au surdimensionnement informatique ; fermer les portes d’entrée des magasins ; récupérer la chaleur émise par les groupes de refroidissement pour produire de l’eau chaude, etc. L’Ademe (Agence de la transition écologique ; ademe.fr), qui travaille avec les entreprises sur ce sujet depuis des années, peut être une première ressource.

Cependant, comme l’indique Christophe Coriou, délégué général du Medef Haute-Savoie, « les entreprises ont enclenché ces mesures d’économie depuis longtemps, car l’énergie représente une charge importante ». La crise actuelle « accélère le mouvement, les gens repensent les modes de fonctionnement et de production ». Et en la matière, chaque cas est différent. De même, selon lui, l’impact de la hausse des prix n’est pas identique pour toutes les sociétés. Celles qui ont des contrats de fourniture d’énergie d’avant-crise sont bien sûr avantagées par rapport à celles qui doivent négocier en 2022 ou 2023.

« Ces dernières devront répercuter ce coût supplémentaire sur leurs produits. On risque de se retrouver dans une situation où les clients vont à nouveau se tourner vers des parties du monde où l’énergie est moins chère », prévoit Christophe Coriou. D’où la demande du Medef que l’Europe trouve rapidement une solution sur le plafonnement du prix de l’énergie.

Du côté des collectivités, la baisse de la température du chauffage des bâtiments publics est à l’ordre du jour : la Région, Annecy, Annemasse et le pôle métropolitain genevois s’y attellent par exemple, y compris pour les écoles et les lycées. Le passage aux leds se poursuit également. Mais de gros postes de dépenses demeurent pour les collectivités qui, par exemple, gèrent une ou plusieurs piscines, très énergivores. « Certains maires se demandent s’ils vont pouvoir les maintenir ouvertes », rapporte Lauriane Mounier-Faraut, directrice de l’Association des maires de Haute-Savoie.

Les raisons de la hausse

La hausse inédite des prix de l’énergie est due à plusieurs facteurs. Depuis fin 2021, ils avaient déjà commencé à grimper, tirés par la forte demande post-covid. La survenue de la guerre en Ukraine a amplifié cette tendance puisqu’une grande partie de l’électricité européenne est produite à partir de gaz naturel. Or, l’embargo européen sur le gaz russe a provoqué une hausse de 30 % du prix du gaz. Hausse qui se répercute sur le prix de l’électricité car les deux sont indexés.

Enfin, le parc nucléaire français fait actuellement l’objet de nombreuses opérations de maintenance nécessitant l’arrêt de réacteurs. Seuls 27 d’entre eux, sur 56 au total, sont en fonctionnement. Pour rappel, selon RTE, le nucléaire représentait 69 % de la production électrique française en 2021, contre 12 % pour l’hydraulique, 7 % pour le thermique fossile et l’éolien, 3 % pour le solaire et 2 % pour le thermique renouvelable et les déchets.


Lire le dossier complet dans le magazine ECO Savoie Mont Blanc du 30 septembre 2022 >>


Sylvie Bollard
Crédit photo à la une : DepositPhotos


Pour aller plus loin sur la hausse des coûts de l’énergie :

https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2021/05/Approvisionnement-petrolier-futur-de-lUE_Shift-Project_Mai-2021_SYNTHESE.pdf

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