Nucléaire : quoi faire en cas d’alerte ?

Nucléaire : quoi faire  en cas d’alerte ?

En cas d’alerte, des communes du Nord-Isère sont impactées par le nouveau plan particulier d’intervention de la centrale du Bugey.

Le nouveau Plan Particulier d’Intervention (PPI) de la centrale du Bugey a été approuvé. Il prévoit les modalités d’alerte, d’information et de protection des populations. Les PPI sont des éléments de planification ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) prévus au code de la sécurité intérieure : « les dispositions spécifiques des plans ORSEC prévoient les mesures à prendre et les moyens de secours à mettre en oeuvre pour faire face à des risques (…) liés à l’existence et au fonctionnement d’installations ou d’ouvrages déterminés. »

C’est le cas de la centrale du Bugey. Trois départements sont concernés : l’Ain, l’Isère et le Rhône. L’implantation administrative de la centrale étant dans l’Ain, le préfet du département est le préfet coordonnateur du plan. L’exercice national des 23 et 24 janvier a permis de tester ce plan et même de le faire évoluer. Il a ensuite été soumis à la consultation des élus et du public de son périmètre.

Les trois périmètres du PPI, associés chacun à un scénario précis, sont de deux kilomètres (périmètre de danger immédiat), cinq kilomètres (petit périmètre) et vingt kilomètres (grand périmètre) autour du CNPE (Centre Nucléaire de Production d’Electricité). Ils définissent les zones théoriques dans lesquelles sont préconisées les mesures de protection des populations, le cas échéant. (Sources : Préfecture – direction des sécurités).

Les habitations et zones agricoles se trouvant dans le périmètre dit “de danger immédiat” sont Hières-sur- Amby, Saint-Vulbas et Verna. À celles-ci viennent s’ajouter, plus proches de nous, La Balme-les-Grottes, Loyettes, Blyes, Saint-Romain-de-Jalionas, Leyrieu, Annoisin-Chatelans et Saint- Baudille-de-la-Tour.

Le cas Fukushima

Le site de la centrale du Bugey comprend 4 réacteurs de production d’électricité en fonctionnement. Le CNPE du Bugey se situe en bordure du fleuve Rhône, 10 km en amont du confluent de celui-ci et de la rivière d’Ain. Le fleuve Rhône n’est pas ouvert à la navigation marchande et ne voit transiter qu’un nombre limité de bateaux de plaisance. L’accès routier principal s’effectue par la RD20 qui relie Loyettes à Lagnieu et longe le site.

L’accès secondaire s’effectue par la RD 124 qui relie la départementale 20 à l’autoroute A42 (Lyon – Genève) dont l’accès se trouve à environ 10 km du site. « La centrale n’a pas évolué. Il ne s’agit pas de faire peur à la population, c’est une volonté des élus qui fait suite à l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, au Japon », précise Fabien Durand, 1er adjoint à la commune de Saint-Savin, en charge d’animer la réunion d’information publique du vendredi 25 octobre dernier.

Savamment documenté, il avance le fait que la centrale du Bugey est « sûre et soucieuse de l’environnement ». Pour preuve, pas moins de 32 070 prélèvements et analyses ont été effectués pour vérifier l’absence d’impact de la centrale sur son environnement. Il y a eu 5 exercices de gestion de crise, 32 inspections de l’autorité de sûreté nucléaire et plus de 50 exercices incendie. Dans l’Ain, autour de la centrale nucléaire du Bugey, implantée sur la commune de Saint-Vulbas (sur la rive droite du Rhône), le PPI concerne 272 550 particuliers, 86 communes et 3 départements (Ain, Isère et Rhône).

Les habitations et zones agricoles se trouvant dans le périmètre dit “de danger immédiat” sont Hières-sur- Amby, Saint-Vulbas et Verna. À celles-ci viennent s’ajouter, plus proches de nous, La Balme-les-Grottes, Loyettes, Blyes, Saint-Romain-de-Jalionas, Leyrieu, Annoisin-Chatelans et Saint- Baudille-de-la-Tour.

Pour le département de l’Isère, s’ajoute également le PPI de la centrale nucléaire de Saint-Alban et Saint- Maurice-L’Exil qui concerne 137 communes de 5 départements (Isère, Ardèche, Drôme, Loire et Rhône). Là, la campagne est mise en oeuvre par le préfet de l’Isère, avec le concours de la direction départementale de l’Isère de l’agence régionale de santé Rhône- Alpes, de la division territoriale de Lyon de l’ASN, de la centrale EDF de Saint- Alban/Saint-Maurice-L’Exil, de la commission locale d’information (CLI) de Saint-Alban/Saint-Maurice-L’Exil, des maires, des pharmaciens d’officine et des médecins libéraux des zones concernées.

Par ailleurs, des réunions d’information sont organisées. Notez que chacune des 19 centrales nucléaires françaises dispose de son propre PPI.

Réflexes et comportements à adopter en cas d’alerte

Le comprimé d’iode stable est un moyen efficace de protection de la thyroïde. Prendre la dose d’iode stable avant les rejets d’iode radioactif protège efficacement la tyroïde en la saturant et en empêchant l’iode radioactif de s’y concentrer. Ce comprimé est à prendre en cas d’alerte nucléaire.

Il doit être pris uniquement si le préfet en donne la consigne, et non au sortir de la pharmacie, comme des personnes viennent de le faire. Si vous avez retiré les comprimés d’iode stable nécessaires à votre foyer, conservez-les de façon préventive !

Pour cela, il impératif de les laisser dans l’emballage d’origine, puis, de les ranger dans un endroit accessible et facile à mémoriser. Par exemple, dans votre trousse à pharmacie. Notez que le pharmacien peut vous apporter toutes les informations relatives à la prise d’iode stable.

Prendre la dose d’iode stable avant les rejets d’iode radioactif protège efficacement la tyroïde en la saturant et en empêchant l’iode radioactif de s’y concentrer. Ce comprimé est à prendre en cas d’alerte nucléaire. Il doit être pris uniquement si le préfet en donne la consigne.

500 boîtes pour St-Savin

En cas d’alerte, la sirène diffuse le signal national commun à tous les types de risques. Il s’agit d’un son montant et descendant composé de trois séquences d’une minute et 41 secondes séparées par un intervalle de 5 secondes. Elles signalent un danger imminent. Il convient alors de se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur et de se tenir informé du comportement à adopter.

Si c’est en semaine, n’allez pas chercher vos enfants à l’école, ils seront protégés par leurs enseignants. Il vous est également demandé de ne pas saturer les réseaux de communication. Ils sont nécessaires à l’organisation des secours et à la transmission d’informations.

En terme d’informations, pensez à vous doter, en amont, d’une radio à pile et de piles de rechange. Enfin, munissez-vous de votre kit d’urgence. Tout cela n’a pas manqué bien sûr d’alimenter la réunion publique organisée à Saint-Savin. Qu’en est-il en cas d’alerte lors d’une rencontre sportive ou l’organisation d’un loto ? La commune, pour ne citer que Saint-Savin, a fait les comptes. Elle devra se prémunir de 500 boîtes de comprimés d’iode. Pas aussi simple !

Pour en savoir plus sur la préparation du kit d’urgence et le plan familial de mise en sûreté : www. risques.gouv.fr et Préfecture de l’Isère.

Être informé, c’est important !

En France, 2,2 millions de personnes et plus de 200 000 établissements recevant du public (ERP) sont concernées sur près de 1 063 communes. Dans ce cadre est lancée une campagne d’information et de sensibilisation à l’attention des riverains. Elle est mise en oeuvre par le préfet de l’Isère avec le concours de différentes parties dont les mairies.

En septembre, il a été envoyé un courrier nominatif permettant, aux personnes et établissements, d’aller retirer leur comprimé d’iode dans une pharmacie participante. Un N° Vert (0 800 96 00 20) et un site internet (www.distribution-iode.com) sont mis à votre disposition.

Pour le département de l’Isère, les communes désormais incluses dans l’aire du PPI de la centrale nucléaire du Bugey sont les suivantes : Annoisin- Chatelans, Anthon, Arandon-Passins, Bourgoin-Jallieu, Bouvesse-Quirieu, Chamagnieu, Charrette, Charvieu- Chavagneux, Chavanoz, Chozeau, Courtenay, Crémieu, Creys-Mépieu, Dizimieu, Frontonas, Grenay, Hières-sur- Amby, Janneyrias, La Balle-les-Grottes, Leyrieu, L’Isle d’Abeau, La Verpillière, Montalieu-Vercieu, Moras, Morestel, Optevoz, Panossas, Parmilieu, Pont-de-Chéruy, Porcieu-Amblagnieu, Saint-Baudille-de-la-Tour, Saint-Chef, Saint-Hilaire-de-Brens, Saint-Marcel- Bel-Accueil, Saint-Quentin-Fallavier, Saint-Romain-de-Jalionas, Saint-Savin, Saint-Victor-de-Morestel, Salagnon, Satolas-et-Bonce, Sermérieu, Siccieu- Saint-Julien-et-Carisieu, Soleymieu, Tignieu-Jameyzieu, Trept, Vaulx-Milieu, Vénérieu, Verna, Vertrieu, Veyssilieu, Vézeronce-Curtin, Vignieu, Villefontaine, Villemoirieu, Villette-d’Anthon.


Par Carole Muet


Cet article est paru dans votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 1er novembre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

Poster une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

ANNONCES LÉGALES : CONSULTEZ ET PUBLIEZ !

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

PUBLICITÉ

ARTICLES LES PLUS LUS

PUBLICITÉ