Simond veut s’ancrer en tête

par | 1 Avr 2021

Le fabricant haut-savoyard de piolets, crampons et mousquetons s’automatise et s’investit dans l’écoconception.

Il y a plus d’un an, Simond emménageait dans un bâtiment flambant neuf à Chamonix. « Avec le rachat de l’entreprise par Decathlon en 2008, l’ancien site des Houches était devenu trop exigu », rappelle son dirigeant David Fasquel, qui a finalisé ce projet d’envergure de 3 600 mètres carrés (lancé par son prédécesseur Olivier Bonnet), dont l’architecture moderne métallique est signée Patriarche. L’opportunité pour le fabricant de revoir son organisation : au rez-de-chaussée, la production et les laboratoires, et au premier étage, l’accueil, les bureaux de conception, l’espace Héritage, le magasin d’usine et un espace de coworking. « Tous nos produits sont designés et développés sur site », dit-il. À savoir des mousquetons, piolets et crampons toujours, ainsi que des vêtements, sangles, baudriers, cordes et chaussons sur lesquels planchent douze ingénieurs et trois designers. Le credo de Simond : équiper le grimpeur et l’alpiniste de la tête au pied. 

Les bureaux de conception où sont développés tous les produits de la marque ©Patricia Rey

Des investissements importants

« Sur un chiffre d’affaires magasins de 90 millions d’euros, l’activité métal représente 20 % des ventes en valeur. Mais en volumes, le métal et les chaussons arrivent largement en tête », pointe David Fasquel, le directeur de la société Simond (6 M€ de CA), qui emploie 60 salariés, dont 25 à la production.


Chaque année, 1 million de mousquetons et 30 000 piolets et paires de crampons sont vendus dans le réseau Decathlon en France (30 %) et dans le monde. Les cordes sont fabriquées également en France par son partenaire Cousin, le reste est sous-traité en Europe (60 %) et en Asie (40 %). Et Simond, qui veut reprendre une longueur d’avance, prévoit un doublement de la capacité de son usine d’ici trois ans.

Tous les piolets Simond sont fabriqués dans l’usine à Chamonix. Un savoir-faire séculaire ©Patricia Rey


Pour automatiser les opérations répétitives, l’entreprise investit deux millions d’euros dans son outil industriel sur trois ans (2020-22), dont entre autres des robots d’assemblage des mousquetons, dégaines et kits de via ferrata, une machine de couture automatique pour les sangles de dégaines, un atelier de tribofinition en circuit fermé… et bientôt, un nouveau transfert d’usinage conçu avec M2O à Sallanches. Investissement auquel il convient d’ajouter les 7 millions injectés dans le bâtiment et la tour de chute de 16 mètres pour tester la résistance des produits. 


Toutes les tâches répétitives sont en cours d’automatisation ©Patricia Rey

De la réparabilité à l’écoconception

À l’heure du réchauffement climatique, Simond s’engage dans l’écoconception. En 2021, 10 % de son offre sera écoconçue, contre 5 % un an plus tôt. Les produits concernés sont les cordes en teinture masse et le textile en coton bio, polyester recyclé et PFC. Par ailleurs, de nouvelles activités se développent : atelier de ressemelage de chaussons, points de collecte dans les magasins Decathlon pour le recyclage des cordes… D’autres projets sont en cours, comme la location de crashpads déployée dans vingt magasins (dont le Mountain Store de Passy) et des salles d’escalade partenaires.

L’histoire en héritage
Un espace muséographique, baptisé Héritage et créé dans un esprit de modernité, retrace la fabuleuse saga Simond, depuis sa création en 1860 à Chamonix jusqu’à nos jours. Une véritable expédition en soi qui met en lumière l’évolution du matériel

L’espace Héritage, pensé par Simond et le guide de haute montagne Denis Pivot, que le public peut visiter ©Patricia Rey

Quelque 340 pièces sont exposées mais la collection en recense beaucoup plus ©Patricia Rey

Vidéo : https://drive.google.com/file/d/1JO5FhCOynw8jsJjXc4e3KTdF5NAhli4x/view?usp=sharing

Photo Une : Usine Simond à Chamonix, architecte Patriarche ©Simond

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par Patricia Rey

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