Vallée de l’Arve : un plan qui ne manque pas d’air

Vallée de l’Arve : un plan qui ne manque pas d’air

La nouvelle mouture du Plan de Prévention de l’Atmosphère a été signée le 29 avril. Elle doit durablement assainir la situation.

Jamais deux sans trois ? Et bien là, si. La seconde version du plan de prévention de l’atmosphère (PPA) de la vallée de l’Arve, officiellement signée lundi 29 avril, doit être la dernière. C’est du moins ce qu’espèrent celles et ceux qui ont contribué à son élaboration. « Voici l’acte 2, mais il n’y aura pas d’acte 27 : l’objectif c’est bien que nous en soyons sortis dans cinq ans ! », tonne le préfet Pierre Lambert, stylo en main.

« Dans cinq ans, nous n’aurons pas besoin d’une nouvelle signature, j’en suis persuadé », abonde Martial Saddier, l’un des deux députés territorialement concernés. Sans même attendre les résultats du PPA2, le premier plan « a déjà produit ses effets, rappelle au passage celui qui fut aussi président du Conseil national de l’air (2011-2018). Parmi les 36 PPA1 signés en France, la vallée de l’Arve est le territoire qui a enregistré la plus forte baisse de concentration de son principal polluant », en l’occurrence les micro-particules de moins de 10 microns (PM10).

“VOICI L’ACTE 2, MAIS IL N’Y AURA PAS D’ACTE 27 : L’OBJECTIF, C’EST BIEN QUE NOUS EN SOYONS SORTIS DANS CINQ ANS !”

Pierre Lambert, préfet de Haute-Savoie

« Ambitieux et réaliste »

Les associations environnementales qui ont participé au processus d’élaboration du PPA2 applaudissent les avancées. « C’est le jour et la nuit par rapport à l’ancien plan. Nous [les associations] avons été très entendues sur la question des objectifs : ce sont bien les normes définies par l’Organisation mondiale de la santé qui sont visées [ndlr : et non les seuils réglementaires actuellement en vigueur, moins sévères]. Merci pour cela », insiste Anne Lassman-Trappier (photo, en médaillon) au nom des différentes associations.

La présidente d’Inspire et de France nature environnement Haute-Savoie formule toutefois quelques bémols. Sur l’importation de déchets dans la vallée par exemple : elle va se poursuivre alors que l’incinérateur de Passy est toujours vécu comme un vecteur potentiel de pollution par certains riverains – ce qui agace fortement le préfet qui assure que tout est en ordre.

Ou sur la mobilité : « Là, nous sommes au milieu du gué », soupire la présidente. Un euphémisme : alors que le Léman express sera mis en service en décembre, ses retombées dans la profonde vallée de l’Arve seront limitées tant que la ligne, à voie unique, ne sera pas modernisée. Or les études d’avant-projet ne sont pas attendues, au mieux, avant 2021… En octobre 2018, la Commission européenne a saisi la Cour de justice européenne au sujet de la pollution aux dioxydes d’azote dans douze zones de France, dont la vallée de l’Arve (l’État est visé pour « manquement »). Une démarche qui fait écho aux centaines de plaintes et recours déposés par des habitants de la vallée depuis 2017 en lien avec la pollution atmosphérique.

4 000 décès prématurés en Auvergne- Rhône-Alpes à cause de la pollution, dont 85 dans la vallée de l’Arve, selon Santé publique France.

Et personne ne conteste plus l’urgence sanitaire : 4 000 décès prématurés en Auvergne- Rhône-Alpes à cause de la pollution, dont 85 dans la vallée de l’Arve, selon Santé publique France. Dans un tel contexte, la réponse des pouvoirs publics se devait d’être forte. Élaboré collectivement (État, élus et collectivités, professionnels de santé, experts techniques, associations) et… patiemment depuis septembre 2016, ce PPA2 est « méthodique, complet, ambitieux et réaliste », martèle le préfet.

Il est aussi « financé », ce qui veut dire que les moyens nécessaires aux actions programmées (lire ci-contre) sont disponibles : 20 millions d’euros au total, dont 6,7 millions par l’État, 5 par la Région et 2,5 par le Département. Ne reste plus qu’à le mettre en oeuvre.

5 axes, 30 actions

Le PPA2 s’articule autour de cinq axes, déclinés en 30 actions :

  • Le premier axe est transversal : information, communication, contrôles (cheminées, poids lourds…), suivi sanitaire ou encore modalités de suivi en continu de l’efficacité du plan.
  • Le deuxième est celui de l’habitat et des bureaux : reconduction des fonds air bois et air gaz, rénovation énergétique.
  • Le troisième axe porte sur les activités économiques : mieux connaître les émissions polluantes, aider et promouvoir les améliorations, avec un effort particulier vers le BTP.
  • Quatrième axe, la mobilité : développer ferroviaire et ferroutage, créer des “zones à faibles émissions” mais aussi agir sur le parc de véhicules et la logistique.
  • Enfin, le cinquième axe est celui des déchets (baisse de la production, méthanisation) et des ressources (développer la filière bois locale).

Plus de détails : www.hautesavoie. gouv.fr/Actualites/ Espace-presse


Éric Renevier


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