La Suisse occupe désormais la cinquième place du classement du Forum Économique Mondial, alors qu’il était encore en haut du podium en 2017.

La Suisse n’est plus aussi compétitive qu’autrefois, à en croire le Forum économique mondial (WEF). Basée à Genève, l’institution qui organise chaque début d’année à Davos la manifestation éponyme où se pressent chefs d’entreprise et dirigeants politiques vient en effet de publier son Indice annuel de compétitivité 2019. Un rapport qui compile les résultats de ses propres enquêtes et ceux d’autres sources telles que la Banque mondiale ou les organismes des Nations Unies.

Après être passée de la première à la quatrième place en 2018, la Suisse recule encore d’une position pour se classer 5e parmi les 141 pays étudiés. Cette baisse est en partie due à la nouvelle méthodologie employée par le WEF depuis l’année dernière et qui prend désormais en compte douze critères : les institutions, les infrastructures, l’adoption des technologies de l’information et de la communication, la stabilité macroéconomique, la santé, les compétences, le marché des produits, le marché du travail, le système financier, la taille du marché, le dynamisme des affaires, et la capacité d’innovation.

La Suisse se place en première position en ce qui concerne la stabilité économique et les compétences. En revanche, elle perd des points à cause de la taille restreinte de son marché (39e rang), du dynamisme limité de ses entreprises (22e) et d’une aversion pour le risque assez élevée. Elle est également pénalisée pour la complexité de ses tarifs, sa réglementation sur les conflits d’intérêts ou son taux d’imposition du travail.

Dominique Rochat, responsable de projets Infrastructures, énergie et environnement de l’organisation patronale Économie Suisse, a déploré sur Twitter « une lente glissade de la compétitivité suisse », et estime qu’il « est temps d’agir pour remonter la pente ».

Un manque global de productivité

« Alors que les politiques monétaires commencent à s’essouffler, il est crucial d’accélérer les efforts en matière de politique budgétaire, de réforme structurelle et d’incitations publiques », note le président du WEF Klaus Schwab. Il ajoute que les États qui investissent dans les infrastructures, les compétences ou l’innovation rencontrent plus de succès.

Cette année, Singapour vole la première place du classement aux États-Unis qui sont notamment pénalisés à cause des tensions commerciales avec la Chine. Ils sont suivis par Hong-Kong et les Pays-Bas. La France arrive en 15e position. Globalement, le WEF estime que les économies mondiales n’ont pas réussi à stimuler la productivité malgré les 10 000 milliards de dollars de mesures de relance injectés par les banques centrales depuis la crise financière mondiale d’il y a dix ans.


Par Romain Fournier