La marque de cosmétiques savoyarde Exertier veut créer un écosystème local pour produire ses matières premières.

Après s’être lancée dans la permaculture d’orchidées des montagnes (des sabots de Vénus) en partenariat avec une ferme à Traize, en Savoie, afin de couvrir d’ici trois ans 100 % de ses besoins – plutôt que de s’approvisionner en Europe –, la marque de cosmétiques Exertier annonce un nouveau projet, apicole celui-ci. L’idée est de produire un savon bio, saponifié à froid, au miel de Savoie. Pour cela, et en collaboration cette fois-ci avec la ferme de Losse (à Traize toujours), elle a investi dans vingt ruches. Outre une présérie de 500 pièces destinées à faire connaître le produit, la marque a lancé une campagne de financement participatif sur Ulule pour pouvoir fabriquer cet été.

Soutenir les abeilles

« Au 31 juillet, 3 642 préventes étaient enregistrées, au lieu des 400 attendues », se félicite Julie Exertier, qui s’est fixé pour objectif d’en commercialiser dix mille d’ici à septembre. Et la dirigeante-fondatrice de préciser : « Tous les 400 savons vendus, nous achèterons une ruche pour contribuer au repeuplement des abeilles en Savoie. » À terme, elle prévoit d’en installer une centaine, qui devraient produire entre 1 000 et et 3 000 kilos de miel. Exertier, présente dans trente grandes pharmacies en France et en Suisse ainsi que dans cinq spas en Pays de Savoie (dont bientôt celui de L’Auberge du Père Bise), a réalisé un chiffre d’affaires 2019 de 500 000 euros avec sept salariés. Sur fond de demande croissante des consommateurs pour les produits naturels, ce résultat pourrait doubler en 2020 grâce à l’enrichissement de la gamme (13 références) – avec quatre nouveautés commercialisées dans les six prochains mois –, et à l’internationalisation de la marque, en Chine et en Corée, via des magasins physiques et sur Internet.

Julie Exertier (au centre) avec Élodie et David Frechat, agriculteurs de la ferme de Losse, à Traize. Des fleurs mellifères sont plantées pour nourrir les abeilles..

Par Patricia Rey.
Crédit photo image à la une : Dmitry Grigoriev sur Unsplash