En guise d’édito de nouvelle année, Myriam Denis jette un dernier regard sur 2019.

Myriam Denis Avez-vous remarqué ? Les quinze premiers jours de janvier, vous commencez systématiquement vos appels et vos mails par un petit mot pour présenter vos vœux, recevoir ceux de vos interlocuteurs, dans un cordial, voire chaleureux échange. Cette douce et parfois redondante mélodie rythme chaque début d’année. En naturellement, 2020, ouvrant avec elle une décennie toute neuve, n’y fait pas exception.

Pour aller de l’avant, il est parfois utile de se remémorer le passé. Et 2019 fut incontestablement une année marquante, amorce de changements, prémisse de nouvelles bases. On se souvient par exemple du mouvement des gilets jaunes, initié fin 2018 et poursuivi pendant de longs mois, émaillant l’année 2019 de son lot de cortèges, de revendications et de dégradations. Une crise que certains qualifient d’inédite par son ampleur et sa durée et qui aura débouché sur le grand débat national, vaste consultation citoyenne destinée à apporter un semblant de réponse au climat social tendu et sans nul doute, à rassurer un exécutif largement mis à mal par ces manifestations de colère.

Transition écologique, citoyenneté, fiscalité et organisation de l’État furent au cœur des échanges nourris de la présence délocalisée en régions d’Emmanuel Macron. Un exercice politique auquel n’a jamais eu besoin de se livrer Jacques Chirac, ancien président de la République, décédé en septembre dernier. Il laisse un bilan évidemment contrasté, seing de réussites et de failles.

Des failles… mais quelles failles, s’il y en a eu, ont conduit, le 15 avril, au partiel anéantissement de Notre-Dame-de-Paris, en proie à un apocalyptique incendie ? Le monument âgé de 850 ans bénéficie désormais de tous les soins possibles et 922 millions d’euros de dons et de promesses de dons devraient permettre sa réhabilitation. Parallèlement à l’émotion suscitée par cet incendie ravageur, s’ajoute celle liée aux 400 tonnes de poussières de plomb retombées aux alentours, alimentant un peu plus les craintes environnementales déjà prégnantes en 2019. Car en septembre, c’est la ville de Rouen et sa périphérie, qui furent les malheureux témoins de l’incendie de l’usine Lubrizol. Ce site de stockage de produits chimiques, classé Seveso seuil haut, a été partiellement consumé, entraînant la destruction de 5 250 tonnes de produits chimiques et un gigantesque panache de fumée noire, tout comme une certaine confusion de la population, se jugeant mal informée par les autorités de l’éventuelle dangerosité de l’évènement.

« 2019 FUT INCONTESTABLEMENT UNE ANNÉE MARQUANTE, AMORCE DE CHANGEMENTS, PRÉMISSE DE NOUVELLES BASES. »

L’année 2019 a également été celle d’un tournant dans le champ du droit du travail, avec la première condamnation d’une entreprise du CAC 40 pour harcèlement moral : France Telecom. En matière plus sociale, les campagnes contre les féminicides ont pris de l’ampleur, tout comme les luttes contre les discriminations (encore et toujours) faites aux femmes, notamment en termes de rémunération. D’ailleurs, si la Coupe du monde féminine de foot a permis un coup de projecteur bienvenu sur le sport et la compétition au féminin, elle a aussi pointé les inégalités de traitement entre sportifs hommes et femmes…

L’année 2020 quant à elle s’ouvre sur les chapeaux de roues, avec une actualité géopolitique dense, un Donald Trump aux portes de la guerre avec l’Iran, des incendies ravageurs en Australie, une réforme des retraites sur les charbons ardents en France… Espérons pourtant que le passé, riche d’expériences, permettra d’ouvrir cette décennie sur davantage de sagesse.

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

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