Interview / Jacques Attali : « si le pire est possible, je ne pense pas qu’il soit certain »

Interview / Jacques Attali : « si le pire est possible, je ne pense pas qu’il soit certain »
Interview / Jacques Attali : « si le pire est possible, je ne pense pas qu’il soit certain »4.3 (86.67%) 3 votes Avant son intervention de clôture aux Entreprenariales à Nice, Jacques Attali, l’invité de Tribune-bulletin Côte d’Azur, membre de Résohebdoeco, livre quelques-unes de ses attentes et de ses réflexions pour un avenir meilleur. Encore faudra-t-il, individuellement et collectivement, le vouloir vraiment, et se montrer aussi entreprenants qu’humanistes. Votre ressenti sur l’avenir ? Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste, c’est un peu comme un joueur de football : avant que le match commence, on a des chances de gagner le match, c’est une certitude. Tout est question de qualité de jeu, de formation, de volonté, d’énergie. Dans un match, l’important c’est de ne pas être spectateur, d’être de vrais acteurs. Cette période de transition actuelle, comment la vivre, en force ou en douceur ? Plus on tarde, plus le changement sera radical. Cela dépend aussi du domaine dont on parle. Les changements économiques sont extrêmement rapides, plus rapides que les changements sociaux et heureusement. Changer de mode de vie exige de protéger les plus faibles, donc de ralentir… "UNE NATION COMME LA FRANCE, C’EST COMME UN GRAND PAQUEBOT." Vous prônez un état de droit mondial, mais aujourd’hui, les protectionnismes s’affichent… On se rend compte que cela correspond à une nécessité. Regardez le climat par exemple, les comportements nationaux sont une très mauvaise stratégie. On le voit aussi sur les paradis fiscaux : sans règles globales, comment éviter que les GAFA imposent leurs règles ? C’est la même chose sur beaucoup de sujets. Maintenant, il est toujours possible que l’humanité décide le pire, en particulier si, en Europe, on n’arrive pas à mettre en place une règle commune, si on s’enfonce dans les nationalismes, mais si le pire est possible, je ne pense pas qu’il soit certain. Comment l’éviter ? Par des négociations. Avec le climat, on a commencé à réussir. Et ce n’est pas M. Trump qui va l’empêcher, parce que les entreprises comme les citoyens y ont intérêt. Il faut considérer que chacun d’entre nous est responsable, que chacun d’entre nous a un rôle à jouer. Encore une fois, même si les enjeux sont globaux, nous n’en sommes pas les spectateurs. Vous parlez d’altruisme, à l’heure où les individualités, les égocentrismes sont légion, comment lui rendre sa vraie valeur ? Là-encore, nous avons tout intérêt à être altruistes. C’est en étant altruistes qu’on sert le mieux nos intérêts les plus immédiats et les plus personnels. Si on avait été altruistes sur le climat il y a vingt ans, la situation serait bien meilleure aujourd’hui. Être altruiste aujourd’hui à l’égard des générations futures, c’est préparer son avenir proche. Être altruiste à l’égard de l’Afrique aujourd’hui évitera que des millions de gens n’aient d’autres perspectives que de venir en Europe. Le personnel devient idéologique, éthique et ensuite politique et bien sûr économique. Il faut que les entreprises ellesmêmes se montrent altruistes, pour servir au mieux leurs clients. Y-a-t-il des solutions […]

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