L’Université de Genève (UNIGE) décrète la tolérance zéro à l’encontre du harcèlement sexiste et sexuel. A l’appui de cette politique, elle lance une vaste campagne de sensibilisation, édite un guide pratique destiné à l’ensemble de la communauté universitaire et propose un accès confidentiel à un groupe de confiance formé de spécialistes totalement indépendantes de l’UNIGE.

«Nous voulons faire de notre institution un lieu de travail et d’étude respectueux de toutes et de tous, et nous attaquer à ce problème avec détermination, sans concession», souligne Yves Flückiger, recteur de l’UNIGE.
«Notre action découle directement de l’enquête sur les carrières académiques que nous avions réalisée en 2016. Sa publication, il y a un an, avait été un véritable électrochoc », poursuit Yves Flückiger. Mandatée par le Service égalité et soutenue par le rectorat, cette étude montrait que le sexisme est un obstacle majeur aux carrières des chercheuses, que ces dernières souffrent de disparité de traitement et que la parentalité a plus d’impact sur leur carrière que sur celle des hommes, du fait des attitudes négatives de leur hiérarchie envers la maternité.
Première action concrète pour libérer la parole des victimes, la campagne d’information et de prévention, intitulée #uniunie contre le harcèlement, sera officiellement lancée lundi 20 novembre à 12h00 à Uni Mail. Des stickers ronds posés au sol et des affiches placardées dans tous les bâtiments universitaires interpellent chacune et chacun avec des phrases simples: «Ici une femme a osé dire non», «Ici l’homophobie a fait une victime», «Ici une femme a décidé de quitter l’Uni». La campagne se prolonge sur le web (www.uniunie.ch) et sur les réseaux sociaux avec le hashtag #uniunie. Elle se matérialise également tout au long de la semaine par des stands d’information et des événements surprise.
Le guide «Gardons les yeux grands ouverts!», édité par et pour l’UNIGE, donne tous les renseignements pratiques utiles aux victimes de harcèlement, «mais aussi aux responsables hiérarchiques et aux simples témoins, car la lutte contre le harcèlement doit être l’affaire de toutes et tous», insiste Brigitte Mantilleri, directrice du Service égalité. Harcèlement entre étudiantes ou étudiants, entre collègues ou encore dans le cadre d’une relation hiérarchique: le problème est protéiforme, de nombreux cas différents existent et chacun d’entre eux doit trouver sa solution. Le guide est donc un outil d’information et de prévention, il permet aussi de se défendre en rappelant les relais existants au sein de l’institution.
Enfin, une cellule externe et indépendante est désormais mise à la disposition de toute la communauté universitaire, étudiantes, étudiants et membres du personnel. Les spécialistes actives au sein de ce groupe de confiance sont à l’écoute des personnes harcelées, des responsables ou des témoins, les entendent et les conseillent ; elles peuvent être contactées grâce à un e-mail confidentiel : confiance@unige.ch ou un numéro de téléphone visible sur le site unige.ch/egalite.