Le salaire en Suisse attire de plus en plus de frontaliers dont le nombre ne cesse d’augmenter depuis les années quatre-vingt. Le salaire suisse mensuel moyen est en effet plus élevé qu’en France et passe par le tamis du taux de change entre le franc et l’euro. Avec une économie au beau fixe, le franc suisse reste fort ce qui dope le niveau de revenus des frontaliers. Mais le change peut fluctuer.

En Suisse le salaire mensuel brut médian se situe à 6 502 CHF. Avec ce haut niveau qui classe le pays dans le haut du tableau des pays de l’OCDE, pas étonnant que de plus en plus de frontaliers soient attirés par un travail à Genève, Lausanne ou dans le Valais. Le statut de frontalier donne accès à un travail en Suisse mais il faut résider en France.

La plupart des frontaliers se voient tout de même attribuer une grille de salaire inférieure à leurs collègues suisses, car beaucoup d’entreprises tiennent compte du fait que les dépenses des frontaliers seront moindres que celles d’un résident suisse, particulièrement en termes de logement et de nourriture.

Elles peuvent aussi leur imputer, les coûts des démarches administratives spécifiques qu’elles doivent entreprendre comme faire leur permis G ou gérer l’impôt à la source. Mais dans certaines fonctions dans l’informatique, le médical ou le fiduciaire, des secteurs en pénurie de main d’oeuvre, la différence de traitement entre le résident suisse et le frontalier peut très bien totalement disparaître.

Disparités de situations

Une fois embauchés, les salariés en Suisse comme en France voient leur rétribution plutôt stagner. L’inflation en Suisse est très faible (0,9 %) et pour obtenir une augmentation c’est au salarié de se “battre”, en faisant valoir son mérite et sa valeur ajoutée pour voir son salaire évoluer à la hausse. En 2018, seulement 0,3 % d’augmentation ont été accordés dans le cadre de négociations globales par catégorie, et le double (0,6 %) accordé individuellement, principalement pour les hauts revenus.

Les salaires les plus élevés sont ceux du secteur banque et assurance (salaire moyen mensuel 12 302 CHF) et ceux de certains métiers liés à l’informatique comme les développeurs (8116 CHF). De grandes disparités de rétributions existent selon les entreprises d’une même branche et pour un même intitulé de poste. Comparativement, les secteurs dynamiques de la chimie et de la pharmacie, leaders à l’exportation paient aussi très bien leurs salariés et ce, quel que soit le niveau de qualification (9 000 CHF en moyenne). En revanche les secteurs de la construction, de l’hôtellerie restauration et du commerce de détail proposent les salaires les plus bas (autour de 4 500 CHF).


Par Annick Mossaz.