Genève s’est doté en juin 2023 d’un droit à l’alimentation inscrit dans sa constitution. C’est l’aboutissement d’un projet de loi, lancé par le parti socialiste, et accepté par le grand conseil en 2022. Un exemple que la France se ferait bien de suivre…
Pendant le Covid des images de centaines de personnes faisant la queue pour obtenir un colis alimentaire avaient profondément choqué la population genevoise. Une situation qui s’est aggravée avec l’inflation et la guerre en Ukraine. Depuis juin 2020, la précarité alimentaire a augmenté dans le canton de Genève.
La banque alimentaire Partage a offert une aide alimentaire à 14 000 personnes contre moins de 12 000 en 2019. Chaque semaine, les bénévoles de Partage confectionnent entre 5 000 et 6 000 cabas. « Nous avons désormais des travailleurs pauvres parmi nos bénéficiaires, ce qui est nouveau », remarque Marc Nobs, directeur de Partage. À partir de 2020, le Parti socialiste avait lancé l’idée d’inscrire dans la Constitution le droit à l’alimentation.
Premier canton
Le projet de loi, accepté alors à une petite majorité par le Grand Conseil, a été soumis avec succès au peuple qui l’a plébiscité à plus de 66 % lors d’une votation cantonale en juin 2023. Il est désormais inscrit dans la Constitution que « toute personne a droit à une alimentation adéquate, ainsi que d’être à l’abri de la faim ».
Genève est devenu le premier canton à s’être doté d’un droit alimentaire auquel il convient maintenant au gouvernement de donner une réalité concrète. Pour Marc Nobs, celle-ci pourrait passer par « améliorer la coordination de l’aide alimentaire entre les différentes structures existantes ».
Pas de droit à l’alimentation en France
La France connaît également une hausse de la précarité alimentaire. Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) portant sur 2022, 16 % des Français déclaraient ne pas assez manger. Pour faire face à cette situation, 41 % des personnes aux faibles revenus ont été obligées de diminuer leur budget alimentation lors du deuxième semestre de 2022.
Bien qu’il existe depuis la loi Egalim de 2018 une définition de la lutte contre la précarité alimentaire qui vise à « favoriser l’accès à une alimentation sûre, diversifiée, de bonne qualité et en quantité suffisante aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale », le droit à l’alimentation ne fait pas partie de la Constitution française.
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Odile Habel
Cet article est issu de notre magazine La Frontière en chiffres 2024, disponible au format liseuse en ligne ou papier.










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