Témoignage : les ressources humaines face à la crise

par | 27 Mar 2020

Les responsables RH sont en première ligne pour reconfigurer les entreprises en mode confinement. Rencontre avec Alexis Berthel, le coprésident, en Savoie, de l’Association des Directeurs des Ressources Humaines (ANDRH).

En une semaine, la plupart des entreprises ont appris à travailler autrement, à développer massivement le télétravail, à revoir leurs procédures et leurs circuits de décision. Une mutation impensable il y a seulement quinze jours, qui a dû assez largement être mise en musique par les directeurs des ressources humaines (DRH).

À l’antenne savoyarde de leur association nationale, le coprésident Alexis Berthel revient sur quinze jours fous : « Aux prémices de l’épidémie, on échangeait avec nos adhérents sur les gestes barrières à adopter, le nettoyage des postes de travail ou les temps de pauses à prendre séparément, dans une logique de prévention HSE (ndlr : hygiène, sécurité, environnement). Nous avons aussi communiqué sur le fait de privilégier le télétravail quand les conditions le permettaient. »

Alexis Berthel : « La majorité de nos membres n’avaient jamais eu recours au chômage partiel. »

Puis, « tout le monde s’est affolé à l’annonce du chômage partiel », se souvient-il. « On a fait face à beaucoup de questionnements, car la majorité de nos membres n’avaient jamais eu recours à ce genre de pratique. On a donné toutes les procédures à suivre, notamment sur l’activité partielle, ou sur les arrêts maladie des employés. »

Sur les quarante adhérents de l’ANDRH Savoie, au moins la moitié ont recours au chômage partiel. Les entreprises ont mis massivement en oeuvre le télétravail et ont pris toutes les dispositions concernant l’hygiène au travail. Cependant, Alexis Berthel relève un point noir sur « la non réponse de la direction régionale du travail (Direccte) sur les dossiers d’activité partielle, normalement prévue sous 48 heures ».

Il relève aussi des problèmes sur le droit de retrait des employés, selon lui pas assez défini et soumis « à l’interprétation de chaque structure ». Malgré un contexte difficile, le coprésident se dit « satisfait, car tout le réseau a su communiquer et partager les informations ». D’autant que, précise-t-il, « ce n’est pas évident pour certains personnels RH qui doivent faire face seuls et être très réactifs ».

2 500 MASQUES COMMANDÉS

Alexis Berthel a d’abord vécu la crise au sein de sa propre entreprise, Panthera, à Chambéry. Spécialisée dans la sécurité de sites classés Seveso et nucléaires, la structure n’est pas touchée par la baisse d’activité liée à l’épidémie, bien au contraire. Le directeur des ressources humaines explique que « les pauses des agents de sécurité sont prises séparément », et que « les relèves entre chaque service sont limitées à cinq minutes au lieu de quinze minutes habituellement ».

L’entreprise a également réduit la charge de travail des postes, pour faire face à une possible vague d’arrêts de travail. Et elle a commandé 2 500 masques pour protéger les salariés. « En espérant que l’on puisse les réceptionner », commente le responsable…


Par Alexia Bontron.
Photo à la une par Drew Beamer sur Unsplash.


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