La Haute-Savoie championne de France de la croissance démographique, l’Ain et la Savoie bien placés

Avec 11 170 habitants de plus chaque année, la Haute-Savoie affiche le taux de croissance de population le plus élevé de France métropolitaine : +1,5 %/an en moyenne. L’Ain (+6907 hab./an, +1,1 %) et la Savoie (+ 2649 hab./an ; + 0,6 %) ne sont pas en reste. Analyse et chiffres détaillés par intercommunalités, avec tableaux exclusifs.

 

La Haute-Savoie championne de France

Le département de Haute-Savoie a grossi, en moyenne, de 11 170 habitants par an entre 2010 et 2015, nous apprend l’Insee dans une récente analyse.

Soit une progression de 1,5 % par an, qui résulte d’un fort solde naturel, à +0,6 %/an (plus de naissances que décès) et d’un solde migratoire très positif, à +0,8 % (plus d’arrivées que de départs).

Ce n’est pas totalement une surprise puisque la forte hausse démographique du ʺ74ʺ se poursuit depuis plus d’un quart de siècle. « Depuis 1990, la croissance annuelle de ce département attractif est très soutenue (+ 1,3 %) grâce à un solde migratoire deux fois plus important que celui de la région (NDLR : et 8 fois supérieur à la moyenne nationale) », relève l’Insee.

 

L’Ain et le Rhône dans le top 10

Les départements de l’Ain (01) et du Rhône (69) figurent également dans le top 10 national. Grâce, là aussi, à un bon cumul ʺsolde naturel + solde migratoireʺ.

Les deux départements sont ainsi 7e ex-aequo, avec +1,1%. L’Ain a gagné 6 907 habitants par an en moyenne sur la période. Et le Rhône, mastodonte régional, 19 364 hab./an : davantage que Haute-Savoie et Ain réunis… En nombre d’habitants, la croissance du Rhône (96 818 en cinq ans) représente le tiers de la croissance de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), alors que sa population pèse moins d’un quart (23 %)de celle d’AURA).

Mais si, en cumul, le taux de variation dans l’Ain et dans le Rhône est identique, c’est en fait pour des raisons inverses. L’Ain affiche un solde naturel (0,5 %) inférieur au solde migratoire (0,7 %)*.Tandis que dans le Rhône, c’est le contraire : 0,8 % pour le solde naturel, 0,3 % pour le solde migratoire.

* Ces taux sont arrondis ce qui explique la différence de 0,1% (entre 1,1% et 1,2%) quand on les additionne.

 

Tableau 1 : Evolution globale annuelle des populations d’Auvergne Rhône-Alpes, par département, entre 2010 et 2015 (cliquez pour accéder au format pdf) :

La Savoie 25e

Le département de la Savoie affiche lui aussi une forte progression de sa population : + 2 649 habitants par an en moyenne sur 2010-2015. Avec un taux global de +0,6 %/an, avec +0,3 % pour le solde migratoire et +0,4 % pour le solde naturel (là aussi les arrondis expliquent la différence de 0,1% dans la somme). Cette progression est inférieure à la moyenne régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes (+0,8 % en global), mais reste supérieure à la moyenne nationale (+0,5 %).

 

Le Genevois, champion des champions

Au sein de territoires départementaux et régional dynamiques, le Genevois français fait figure de champion des champions de la croissance démographique. La communauté de communes du Genevois connaît la plus forte hausse entre 2010 et 2015 avec +4,0 %/an. Suivie de celle du Pays de Gex, à +3,2%.

Evidemment, c’est grâce à l’attractivité de la grande voisine, Genève. Car dans les deux cas, l’augmentation est essentiellement due à l’excédent migratoire (+ 3,2 % et + 2,6 %/an). Les deux principales villes de ces intercommunalités, Saint-Julien-en-Genevois (+3,5 %/an) et Gex (+2,4 %), comptent alors parmi les cinq plus fortes progressions de la région pour les villes de plus de 10 000 habitants.

 

Tableau 2 – Les intercommunalités de l’Ain, classées par taux annuel moyen de variation de la population entre 2010 et 2015 (cliquez pour accéder au format pdf) :

Les ex-bastions industriels mis à mal

La région Auvergne-Rhône-Alpes et même les Pays de Savoie ne comptent pas pour autant que des territoires en croissance démographique. La ruralité éloignée des grands centres urbains mais aussi les ex-bassins industriels souffrent.

Ainsi, les départements de l’Allier (-01 %/an) et du Cantal (-0,3 %) sont globalement en replis. Tout comme les villes de Roanne (-1,1 %) ou Montluçon (-0,8 %). Mais, plus localement, c’est également le cas de Passy (-0,9 %) ou encore la communauté de communes (CC) Maurienne Galibier. Autour de Saint-Michel-de-Maurienne, cette intercommunalité est celle qui affiche le plus fort taux de recul en Pays de Savoie (-1,4%).

Dans l’Ain, la CC Haut-Bugey (aujourd’hui Haut-Bugey agglomération), autour d’Oyonnax et Nantua (-0,2 %) et surtout la CC du plateau d’Hauteville (-1,2 %) sont les deux intercommunalités qui perdent des habitants. L’effet cumulé du ralentissement d’activités traditionnelles (industrie, santé) et d’un relatif éloignement des grands centres urbains ?

Tableau 3 – Les intercommunalités de la Haute-Savoie, classées par taux annuel moyen de variation de la population entre 2010 et 2015 (cliquez pour accéder au format pdf) :

 

Les zones touristiques de montagne sur la mauvaise pente

Plusieurs zones touristiques de montagne sont elles aussi en repli. Parfois, quand le territoire des intercommunalités va du fond de vallée aux sommets enneigés, cela peut rejoindre des problématiques de désindustrialisation : Maurienne Galibier (Saint-Michel), Coeur de Maurienne (Saint-Jean-de-Maurienne), Pays du Mont-Blanc (Passy voie Sallanches).

Mais dans ces zones de montagne il y a également l’effet prix de l’immobilierqui touche les stations mais aussi les communes voisines. La flambée des prix, due à l’attrait touristique et à la multiplication des résidences secondaires, empêche les populations locales de se loger voire de travailler ʺau paysʺ.

De nombreux secteurs touristiques de montagne perdent des habitants : les CC de la Vallée de Chamonix et du Pays du Mont-Blanc (-0,3 %), les CC Val Vanoise Tarentaise et Coeur de Tarentaise (-0,5 % chacune), Haute-Maurienne Vanoise (-0,8 %), Coeur de Maurienne Arvan (-1 %) et Maurienne Galibier (-1,4 %).

 

Tableau 4 – Les intercommunalités de la Savoie, classées par taux annuel moyen de variation de la population entre 2010 et 2015 (cliquez pour accéder au format pdf) :

 

Auvergne-Rhône-Alpes : + 300 000 habitants

Au final, avec un taux global de +0,8%/an, Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), deuxième région la plus peuplée derrière l’Ile-de-France, est la quatrième région la plus dynamique en termes de croissance démographique, sur 2010-2015. Derrière la Corse, l’Occitanie et les Pays de la Loire. Là encore, c’est le résultat du cumul solde migratoire (+0,3 %) + solde naturel (+0,4 % ; les arrondis expliquent toujours la différence de 0,1% dans l’addition des deux taux).

En cinq ans, AURA a gagné près de 300 000 habitants (299 620 pour être précis) et atteint ainsi, en 2015, 7 877 698 habitants.

Si, comme déjà évoqué, le Cantal et l’Allier reculent, les 10 autres départements de la région sont en hausse.

 

En France, 27 départements stagnent ou reculent

La moyenne nationale sur 2010-2015 est à +0,5% par an, avec +0,4% pour le solde naturel et +0,1% pour le solde migratoire. Ce qui est assez proche des moyennes enregistré sur 1990-2010.

Derrière la Haute-Savoie, championne de France métropolitaine (+1,5 %/an en global), la Haute-Garonne et l’Hérault font quasiment aussi bien (+1,4%). Outre-mer, la Guyane fait même mieux (+2,6%/an), grâce à un solde naturel exceptionnel +2,3%/an. C’est bien plus que n’importe quel autre département. Car mis à part la Seine-Saint-Denis (1,3%/an), la Réunion (1,2%), le Val-d’Oise (1,1%), les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne (1%), tous les autres départements ont un solde naturel sous la barre de 1%/an.

Mais tous les territoires de France ne progressent pas. . « Le nombre de départements où la population est stable ou en baisse augmente (27, soit 13 de plus qu’entre 1990 et 2010), conclut l’Insee. Pour l’essentiel, ils sont localisés sur une diagonale allant des Ardennes au Massif central. »

 

Sources :

Analyse nationale – Du nord au sud, les mouvements naturels et migratoires opposent les départements, par Vincent Vallès, direction régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, Insee. A lire sur : https://www.insee.fr/fr/statistiques/3288449

Analyse régionale et locale – Une croissance démographique soutenue mais des disparités départementales, par Christelle Thouilleux, Insee. A lire sur : https://www.insee.fr/fr/statistiques/3292061

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